CEREMA : Déclaration CFDT en ouverture du Conseil d’Administration Cerema du 19/03/2023

Publié le

Stratégie immobilière.  Urgence salariale.

Mme la présidente, M le directeur général, Mmes et MM. les administrateurs du Cerema, bonjour.

La CFDT a tenu à venir aujourd’hui à ce Conseil d’administration, car nous préférons dire les choses de vive voix.

Point majeur de cette séance, pour les collègues que nous représentons dans cette instance, la présentation du schéma pluriannuel de stratégie immobilière (SPSI 2024-2028). Nous ne pouvons que partager le diagnostic d’un parc immobilier en piteux état, sous-occupé par endroits, résultat de décennies de sous-investissement et de baisse des effectifs. Par ailleurs, nous ne nions pas que, depuis la crise Covid, le développement du télétravail pose la double question du taux d’occupation et de la vie des collectifs de travail.

La délibération, que le Directeur Général soumet aujourd’hui au vote du Conseil d’Administration, vise à l’autoriser à mettre en œuvre les projets prioritaires (à savoir Aix, Rouen, Trappes, Bordeaux/StMédard, Toulouse, Nancy). Rien que pour ces 6 sites, ce sont 70 M€ à trouver sur 5 ans ! Voilà un beau programme, mais comme la direction de l’immobilier de l’État ne s’engage pas dans un contrat pluriannuel, le Cerema se retrouve à la merci des restrictions budgétaires. Entre gel et surgel budgétaires, les annonces de Bercy ne portent pas à l’optimisme…

Face cachée de ces millions d’euros promis, les conditions de travail des agents. Certes, pour les améliorer, on nous fait miroiter des locaux de bien meilleure qualité. Néanmoins, les administrateurs qui sont allés au-delà de la lecture de la note explicative de 2 pages ont pu voir dans le volet « Stratégie Bâtiments », l’objectif « d’optimisation des surfaces », qualifié « d’ambitieux et réaliste ». En clair, il s’agit de diviser par 3 le nombre de m² de bureaux. La densification et la flexibilisation des postes de travail, incontournables pour y parvenir, va générer des risques psycho-sociaux nouveaux.

Notre rôle de représentants du personnel CFDT est de vous alerter. Améliorer la situation immobilière globale ne doit en aucun cas se faire au détriment des conditions de travail, notamment pour les agents qui ne pratiquent pas ou peu le télétravail. Nous revendiquons une approche qui parte des besoins et des missions, pour trouver des solutions qui prennent en compte l’humain derrière le « résident ». Les logiques comptables n’ont jamais amélioré les conditions de travail.

En bref, les agents du Cerema risquent de subir les inconvénients du SPSI sans profiter des avantages… des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient.

–  –  –  –  –

Enfin, Mme la présidente, vous avez opposé un refus à la demande de l’intersyndicale de décaler cette séance du Conseil d’administration et nous le regrettons. Cela traduit-il un manque de solidarité avec les actifs de la Fonction Publique sur les questions salariales et la baisse de leur pouvoir d’achat ?

Avant de conclure cette déclaration liminaire, la CFDT tient à vous faire partager l’URGENCE SALARIALE DANS LA FONCTION PUBLIQUE pour laquelle TOUTES LES ORGANISATIONS SYNDICALES APPELLENT A LA MOBILISATION CE 19 MARS :

    « Les organisations syndicales de la fonction publique CFDT, CFE-CGC, CGT, FA, FO, FSU, Solidaires, UNSA constatent et condamnent l’absence de toute perspective de mesures générales d’augmentation des rémunérations dans la fonction publique dans un contexte d’inflation encore soutenue. Il est urgent d’ouvrir sans délai des négociations pour améliorer les carrières et prendre des mesures générales pour les salaires, notamment en revalorisant le point d’indice, dans une situation d’effondrement du niveau des rémunérations des agent·es publics. (…)
Loin de répondre sur la question des rémunérations et des conditions de travail, le président de la République a réaffirmé la mise en perspective d’une loi, qu’il qualifie « d’historique », pour la fonction publique visant selon lui à mieux reconnaître le « mérite ».
Quelques semaines plus tard, il ajoute un plan de 10 milliards d’économies pour les ministères et les agent·es qui mettent en œuvre les politiques publiques. Les organisations syndicales dénoncent ces décisions, tant sur le fond que sur la forme. Les agentes et les agents ne sont pas dans l’attente du « mérite » mais d’une rémunération qui leur permette de vivre dignement de leur travail et qui soit prise en compte pour le calcul de leurs pensions. Elles et ils sont aussi dans l’attente des moyens pour accomplir les missions qui sont les leurs dans de bonnes conditions, y compris dans l’intérêt des usagers·ères.
Pour mettre un terme à la spirale de stigmatisation et de dévalorisation de l’ensemble des personnels de la fonction publique et refuser de subir une année blanche en matière salariale » les agents publics, dont plusieurs centaines au Cerema sont aujourd’hui en grève et manifestation.

C’est mon cas et je vais donc vous quitter pour aller rejoindre les collègues dans les rues de Paris.

– – –


Si vous partagez notre vision de l’action syndicale, venez nous rejoindre !

– – – – – – – – –