CEREMA – le dernier (?) Conseil d’Administration de Pascal Berteaud (13 mars 2026)
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Bonjour de la CFDT, vous trouverez ci-dessous notre déclaration liminaire CFDT, les principaux votes et échanges du Conseil d’administration du 13 mars 2026, du CEREMA.
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Une séance de Conseil d’administration (CA) où tous les représentants de collectivités sont en visio ou bien ont donné pouvoir, campagne des municipales oblige. Seule Marie-Claude Jarrot, candidate à la mairie de Montceau-les-Mines, a fait l’effort de venir présider ce CA, qui pourrait être le dernier de Pascal Berteaud, arrivé au bout de son deuxième mandat.
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La déclaration liminaire CFDT
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs, membres du Conseil d’administration, chères et chers collègues, bonjour.
En préambule, la CFDT apprécie le retour à un dialogue social « normal » au Cerema, après le « psychodrame » du règlement intérieur du temps de travail. Fidèle à ses principes, elle a négocié jusqu’au bout et a réussi à obtenir des concessions significatives, au bénéfice de l’ensemble des collègues du Cerema. Nous avons ainsi pu limiter l’impact de mesures que le DG avait lui même qualifiées de « réels reculs sociaux ».
Comme d’habitude, 3 points pour notre déclaration liminaire CFDT, en 3 minutes.
1 – Le Compte financier 2025. Notre résumé : la situation est moins grave que celle annoncée au budget Rectificatif 2025 présenté en octobre dernier. Faut-il s’en réjouir ? Oui et Non.
Non, parce que, depuis des années, la subvention (SCSP) n’est jamais réévaluée à hauteur de l’inflation. Non, parce que le rabotage récurrent des dépenses d’investissement et de fonctionnement impacte l’exécution des missions et les conditions de travail des agents (sous-exécution de 15% du budget d’investissement, sous-exécution de 5% du budget de fonctionnement)
Oui, parce que le « trou » (solde budgétaire) passe de -34.7 M€ à -15.7 M€, ce qui soulage d’autant la trésorerie du Cerema. Oui, parce que l’année budgétaire 2026 démarre avec un niveau moins catastrophique que celui du Budget initial voté au CA en décembre dernier.
2 – Le Programme national Ponts. C’est LA bonne nouvelle de ce CA ; le voilà relancé à hauteur de 50 M€ pour les années 2026-2027, via l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Notre vote d’aujourd’hui permettra la signature de la convention Cerema-AFITF-DGITM. Outre le maintien de notre activité sur ce domaine phare des ouvrages d’art, c’est un ballon d’oxygène pour notre trésorerie qui en a bien besoin.
3 – Le Rapport d’activité 2025, avec en couverture, une magnifique photo aérienne de Toulouse, ville très appréciée par les futurs retraités 😉. Ce document aurait pu s’intituler « bilan des 8 années de transformation du Cerema par Pascal Berteaud ». Oui, M. le directeur général, le Cerema est plus reconnu ; oui, vous l’avez restructuré pour le rendre plus lisible ; oui, vous avez l’ouvert plus largement aux collectivités… Mais au prix d’abandon de missions et d’une précarisation des emplois via une explosion des CDD. Votre Cerema « idéal », vous le vouliez agile, efficace, matriciel, etc. Il garde une lourdeur administrative encore irritante et il a multiplié à l’envie le nombre de cadres dotés de titres de directeurs divers et variés. Votre bilan d’activité se conclut par 3 scénarios d’évolution, en guise de legs à votre successeur. Chacun suscite des inquiétudes, par exemple sur le maintien des implantations, une nouvelle réforme des fonctions supports, une amélioration globale de la productivité et enfin, une interrogation sur le statut de l’établissement…
Pour finir, une question. Notre Conseil d’administration n’a toujours pas pu délibérer sur le COP 2025-2028. Son ébauche a pourtant été présentée, il y a un an, au Conseil du 20 mars 2025 ! Que se passe-t-il ?
En réponse aux déclarations liminaires de CFDT, FO et CGT, le DG s’élève contre la teneur « catastrophiste » des propos des organisations syndicales. Il estime que « il n’y a pas de problème pour 2026 et que le vrai enjeu sera en 2027 » (Nota CFDT : donc à gérer par le.la futur.e DG :-\)
La CFDT lui rétorque qu’elle ne se reconnait pas dans la qualification des propos qu’il prête « en bloc » aux organisations syndicales. Au passage, nous lui demandons qui est le « haut dirigeant du Cerema, qui s’est largement épanché dans la presse fin 2025 », avec des alertes qui ont conduit à des articles comme « le Cerema programme sa cessation de paiement en 2027 » ou « Arrivé à l’os », le Cerema joue son avenir en 2026″… Sourires amusés de certains membres du CA, mais pas de réponse du DG :-[
Quant au COP, le DG aurait bienvoulu le passer au CA de juin 2025, mais le discours du premier ministre de l’époque (Bayrou) sur la « refondation de l’action publique » a tout bloqué. Il espère que ça puisse redémarrer en avril 2026. Néanmoins, il faudra le modifier si le gouvernement retient le projet d’implanter le Cerema dans 70 départements ruraux.
Brice Huet, CGDD, représentant de la tutelle, veut rassurer le Conseil d’administration sur « la volonté du ministère de conserver de l’ingénierie publique et qu’elle soit lisible pour tous ». Pour lui, le Cerema « reste un acteur de référence (…) Néanmoins, l’équilibre financier n’est pas atteint et on travaille avec Bercy pour y arriver. En attendant, on trouve des solutions pour assurer le fonctionnement du Cerema ».
Il profite de cette séance du CA, qui pourrait être la dernière de Pascal Berteaud, pour rappeler son « parcours professionnel exceptionnel (…) son intelligence mise au service de la transition écologique ». Il insiste sur son arrivée en 2018 dans un Cerema en pleine « question existentielle » et déclare que « fort de toute son énergie et expérience », le DG a relevé avec réussite trois défis : « une vraie stratégie pour le Cerema, la gouvernance partagée avec les collectivités, le programme national Ponts ». Il conclut son panégyrique par « Pascal est une personnalité hors du commun (…) un sacré grognard au sein des ministères, pour défendre son établissement » puis « on te souhaite une bonne retraite ! ».
Nota CFDT : le nom du ou de la candidate qui le remplacera n’a pas encore fuité, ni la date de sa prise de poste. En attendant, P. Berteaud reste aux manettes… Pour info, son DSC et DG-adjoint, Pascal Terrasse, va quitter le Cerema le 1er juin.
La présidente, Marie-Claude Jarrot, remercie Pascal Berteaud d’avoir porté la gouvernance partagée pour une ingénierie en appui aux collectivités et souhaite qu’il soit encore présent pour les prochains CA. Elle déclare enfin : « Oui, Pascal est très gouaillard (sic), mais tellement compétent, tellement gentil et … rouspéteur » 😀
Les points marquants de l’ordre du jour
Compte financier 2025 : approuvé à la majorité, dont CFDT et UNSA (CGT-FO Contre)
>>> voir le tableau de synthèse en PJ.
La CFDT a approuvé la présentation de ce compte financier, qui n’est qu’un constat et pas un budget. Pour autant, ce vote positif ne vaut pas approbation des mesures qui conduisent à ces résultats financiers et comptables négatifs. La CFDT en profite pour saluer le travail des équipes de l’Agence Comptable et de la DAF.
Le représentant de Bercy considère que malgré une réduction du déficit, « la situation budgétaire reste préoccupante. La trésorerie propre du Cerema est trop basse et il faudrait présenter un Budget Rectificatif » (sous-entendu, avec de nouvelles baisses des dépenses à la clé :-\).
Le DG lui répond que « le Cerema a réussi jusque-là, à compenser la baisse de dotation de l’État, par une augmentation des recettes externes, mais que l’on atteint un plafond (…) Si l’État veut encore réduire la subvention, il n’a qu’à reprendre les fonctionnaires dont il ne veut pas assurer la paye ! »
Programme national PONTS : approuvé à l’unanimité.
Les 50 M€, qui lui sont dédiés, proviennent des 600 M€ de recettes de la « taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport longue distance » gérée par l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF).
Le représentant de Bercy ne peut s’empêcher de chipoter sur les frais de gestion de cette enveloppe par le Cerema.
Rapport activité 2025 : approuvé à la majorité (Abstention de CFDT, CGT, FO, UNSA)
En quelques diapos, Pascal Terrasse présente les grandes lignes du rapport d’activités 2025. La CFDT s’est abstenue car ledit rapport est encore à l’état de « sommaire détaillé ».
Le DG revient sur les 8 années écoulées depuis son arrivée suite à la « grave crise sociale » de fin 2017.
Nota CFDT : pour les collègues qui n’étaient pas encore au Cerema, voir ICI et LA
Le DG dit avoir apprécié la qualité du dialogue social avec les syndicats, même s’il a parfois été « rude » 😉

- La CFDT souhaite que la « départementalisation » ne devienne pas une « préfectoralisation » du Cerema. Nous savons ce que vivent nos collègues dans les Directions Départementales des Territoires !
- Le DG et la Présidente préfèreraient parler plutôt de « territorialisation » du Cerema.
- La « rationalisation de situations multi-sites au sein d’une même agglomération » vise Bordeaux – St Médard et Lyon – Bron – Vaulx.
- La « nouvelle rationalisation des activités » ressemble à un Cerem’Avenir-bis 🙁
- Le DG revient sur la nécessité d’une « nouvelle réforme des fonctions supports » en ciblant notamment la fonction RH qui pèserait une centaine d’ETP.
- La CFDT lui fait remarquer que la fonction Encadrement pèse 4 fois plus !
- En effet, le Cerema compte 400 encadrants (directeurs, chefs et adjoints…) pour 2200 encadrés, soit un ratio de 1 encadrant pour 5.5 encadrés !
- Le DG entend l’argument mais ne s’étend pas plus 😉
- La CFDT lui fait remarquer que la fonction Encadrement pèse 4 fois plus !
- La CFDT réinterroge le DG sur ce qu’il entend par « interrogation sur le statut de l’établissement ».
- sa réponse : « un EPA n’est pas idéal » pour fonctionner en générant 30 % de recettes propres.
- La CFDT insiste en lui demandant si son « EP idéal » serait un EPIC ? avec uniquement des contractuels ?
- Le DG dit ne pas avoir d’avis sur la forme de l’EP, mais insiste : « gérer un EPA avec des fonctionnaires en PNA, c’est lourd ».
Présentation analytique 2025 de l’activité du Cerema (pour information)
Anne-Laure Meunier (DDR2I) donne les grands chiffres issus de NOVA (sur la base de 88% de remplissage en 2025) :
• 58 % des jours sont consacrés à la production d’études et d’expertises,
• 22 % au soutien à la production,
• 20 % aux fonctions support.
Pour elle, « le poids des fonctions de soutien à la production et de support reflète la nature d’un établissement scientifique et technique implanté sur l’ensemble du territoire, pour lequel les infrastructures et les fonctions d’appui constituent des leviers essentiels à la production de connaissances et de services ».
>> voir le grand tableau en PJ, qui n’a pas été présenté en détail, pendant la séance.
Les représentants de Bercy et du CGDD reconnaissent l’utilité de cet outil pour mieux connaitre le Cerema et ses couts, mais en voudraient toujours plus ! Contre toute attente, le représentant de Bercy explique qu’il faudrait évaluer la part de support liée à la production et l’ajouter à celle-ci dans l’analyse. Cela a toujours été revendiqué par les OS du Cerema.
Le DG répond : « c’est l’année 1 de l’outil. Demandez déjà à tous les opérateurs de faire preuve de la même transparence ! ».
Nota CFDT : le bilan en jours de NOVA aurait mérité d’être présenté aux représentants du personnel en CSA .
? avec ou sans Pascal Berteaud ?
Claude Guillet et Patrick Fourmigué


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