Budget 2026 : des choix budgétaires lourds de conséquences pour les ministères et la transition écologique
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Après plusieurs semaines de fortes tensions politiques et sociales, le budget de l’État pour 2026 a finalement été adopté. Cette adoption met fin à une période d’incertitude institutionnelle, ce qui était indispensable pour assurer un minimum de visibilité aux services publics, aux collectivités, aux agents et plus largement au pays. Pour autant, derrière cette stabilité retrouvée, les arbitrages budgétaires opérés interrogent fortement, en particulier pour les ministères civils et tout spécialement pour celui de la Transition écologique.
Des coupes budgétaires généralisées, hors Défense
Pour éviter une censure parlementaire, le gouvernement a accordé près de 3 milliards d’euros de dépenses supplémentaires, notamment en direction du pouvoir d’achat et de certains secteurs prioritaires. Ces rallonges sont cependant intégralement compensées par des économies, qui pèsent quasi exclusivement sur le budget de l’État.
Hors ministère des Armées, dont le budget augmente de 6,7 milliards d’euros, l’ensemble des ministères subit une baisse globale d’environ 1,5 milliard d’euros. Ces économies prennent principalement la forme d’annulations anticipées de crédits mis en réserve, pour un montant total de 1,7 milliard d’euros. Si Bercy assure que ces annulations ont été « dosées » et qu’elles ne remettront pas en cause le fonctionnement quotidien des administrations, elles n’en constituent pas moins un signal préoccupant pour les services.
Parmi les ministères les plus touchés figurent :
- le ministère de la Transition écologique : –250 millions d’euros ;
- le ministère du Travail : –200 millions d’euros ;
- les missions Recherche et Justice : –100 millions d’euros chacune.
Ces décisions interviennent dans un contexte où les agents sont déjà confrontés à des charges de travail croissantes, à des réorganisations permanentes et à des moyens contraints.
Transition écologique : un recul budgétaire préoccupant
La situation du ministère de la Transition écologique est particulièrement emblématique des contradictions du budget 2026. Alors que l’urgence climatique et environnementale s’impose chaque jour davantage, ce ministère voit ses crédits diminuer de 250 millions d’euros. À cela s’ajoutent des coupes importantes sur les opérateurs et dispositifs pourtant centraux pour les politiques publiques environnementales.
Les opérateurs du programme France 2030, comme l’ADEME ou l’ANAH, subissent ainsi une réduction globale de 1,1 milliard d’euros. Le gouvernement estime que ces structures pourront absorber le choc grâce à leurs trésoreries, mais cette logique de court terme fait peser de lourdes incertitudes sur la capacité à conduire des politiques ambitieuses et durables.
Le Fonds vert, outil clé pour accompagner la transition écologique dans les territoires, voit également son budget reculer, passant de 1,15 milliard d’euros en 2025 à 850 millions d’euros en 2026. Même si la baisse est moindre que ce qui était initialement envisagé, elle marque un net recul au regard des besoins des collectivités et des objectifs climatiques affichés.
Des priorités affichées, mais un effort mal réparti
Dans le même temps, certaines politiques bénéficient de moyens supplémentaires : revalorisation de la prime d’activité (1,5 milliard d’euros), aides au logement (250 millions), enseignement supérieur et recherche (234 millions), santé (215 millions) ou encore agriculture (100 millions pour des mesures d’urgence). Ces choix traduisent des arbitrages politiques assumés.
Pour la CFDT, si certaines mesures ont permis d’atténuer les dispositions les plus contestées du projet initial, le cap global reste profondément déséquilibré. L’effort budgétaire repose une nouvelle fois largement sur les services publics et leurs agents, ainsi que sur les politiques d’avenir.
Le point de vue de la CFDT : un budget adopté, mais un cap injuste
La CFDT prend acte de l’adoption du budget 2026, nécessaire pour sortir de l’instabilité institutionnelle. Mais elle ne peut se satisfaire d’un budget marqué par une grande dureté sociale et par une insuffisante prise en compte des enjeux de fond.
La transition écologique, pourtant indispensable, n’est clairement pas financée à la hauteur des besoins. La justice fiscale, condition essentielle de l’acceptabilité de l’impôt et de la cohésion sociale, reste une fois encore absente des véritables choix budgétaires.
La CFDT le réaffirme : la stabilité budgétaire ne peut durablement reposer sur l’austérité sociale et l’inaction écologique. Un autre chemin est possible, fondé sur une réforme fiscale plus juste, un financement ambitieux de la transition écologique et un investissement massif dans les services publics et les politiques d’avenir.
Pour les agentes et agents du ministère de la Transition écologique, comme pour l’ensemble des personnels de l’État, ces choix budgétaires auront des conséquences très concrètes sur les conditions de travail, les missions et la capacité à répondre aux attentes légitimes des citoyennes et des citoyens. La CFDT continuera à porter ces enjeux et à défendre un budget plus juste, plus cohérent et réellement tourné vers l’avenir.
Sources : Le Monde, Les Echos, Syndicalisme Hebdo (CFDT)
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