Formation professionnelle dans la fonction publique de l’État : une reprise en 2024, mais des écarts persistants

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Les dernières « Stats Rapides » de la DGAFP consacrées à la formation professionnelle dans la fonction publique de l’État confirment une dynamique de reprise en 2024. Après plusieurs années marquées par des évolutions contrastées, les indicateurs repartent à la hausse, tant en volume de formation qu’en nombre d’agents concernés.

Une hausse globale de l’activité de formation

En 2024, 6,8 millions de jours de formation ont été dispensés aux agents de l’État (hors ministère de la Justice, dont les données n’étaient pas fiables), soit une progression de 4 % par rapport à 2023 à champ constant. Dans le même temps, le nombre de stagiaires augmente de 5 %, atteignant 3,2 millions.

En moyenne, un agent a suivi 4,1 jours de formation dans l’année. Ce volume se répartit entre :

  • 1,9 jour de formation statutaire (obligatoire),
  • 2,2 jours de formation non statutaire (formation continue notamment).

Cette évolution traduit un regain d’investissement dans les compétences des agents, même si les volumes restent relativement modestes rapportés à une année complète de travail.

La formation statutaire tire la progression

La hausse observée en 2024 repose principalement sur la formation statutaire, qui progresse de 8 %. Ce type de formation, obligatoire pour certains corps, représente une part importante de l’effort global.

Certains ministères, notamment ceux disposant de corps nécessitant des formations longues ou régulières (comme l’Intérieur ou les ministères économiques et financiers), concentrent une part importante de ces volumes.

À l’inverse, la formation non statutaire n’augmente que légèrement (+1 %), signe d’un développement encore limité des formations choisies ou orientées vers l’évolution professionnelle.

Des inégalités marquées selon les catégories

Les écarts entre catégories hiérarchiques restent particulièrement prononcés.

Les agents de catégorie B sont de loin les plus formés, avec 9 jours en moyenne par an, contre :

  • 3,2 jours pour les agents de catégorie A,
  • 3,0 jours pour les agents de catégorie C.

Ces différences s’expliquent en grande partie par le poids de la formation statutaire dans certains corps de catégorie B. Elles posent néanmoins la question de l’égal accès à la formation continue et aux perspectives d’évolution pour l’ensemble des agents.

Un écart persistant entre les femmes et les hommes

Autre enseignement notable : les écarts entre femmes et hommes.

En 2024, les hommes suivent en moyenne 5,6 jours de formation, contre 3,3 jours pour les femmes. Cet écart s’explique principalement par une répartition différenciée des métiers et des corps, certains – plus masculinisés – imposant davantage de formation statutaire.

Pour autant, cet état de fait interroge sur l’égalité d’accès réelle à la formation professionnelle et sur ses conséquences en matière de parcours et de carrière.

La formation continue reste dominante mais peu intensive

La formation non statutaire repose très majoritairement sur la formation continue, qui représente 87 % des jours suivis. Les autres dispositifs (congé de formation professionnelle, préparation aux concours, etc.) restent marginaux.

Autre point notable : la durée moyenne des formations non statutaires est courte, comprise entre 1,4 et 1,7 jour selon les catégories. Cela traduit une multiplication de formats courts, mais aussi une difficulté à inscrire les agents dans des parcours de formation plus longs et structurants.

Un enjeu central pour les politiques RH

Ces résultats confirment que la formation professionnelle reste un levier essentiel pour accompagner les transformations de l’action publique. Mais ils mettent aussi en lumière plusieurs limites :

  • des volumes encore modestes par agent,
  • des inégalités importantes selon les catégories et le genre,
  • un développement encore timide des formations liées aux parcours professionnels.

Dans un contexte de transitions multiples (numérique, écologique, organisationnelle), la question de l’accès à une formation de qualité, tout au long de la carrière, demeure plus que jamais un enjeu central pour les agents publics comme pour les employeurs.

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