Fonction publique : féminine, diplômée… et de plus en plus expérimentée !
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Le dernier « Stats Rapides » de la DGAFP dresse le portrait des agents publics en 2024. Spoiler : la fonction publique ressemble de moins en moins à l’image d’Épinal du fonctionnaire masculin, jeune et fraîchement recruté. Elle est aujourd’hui largement féminisée, fortement diplômée… et affiche quelques cheveux gris de plus qu’il y a dix ans.
La fonction publique, une affaire de femmes ?
Premier enseignement : les femmes représentent désormais 64 % des agents publics, contre seulement 46 % dans le secteur privé. La progression est continue puisque leur part a augmenté de 3 points depuis 2011.
Le podium de la féminisation revient à la fonction publique hospitalière (FPH), où les femmes représentent 78 % des effectifs. La fonction publique territoriale (FPT) suit avec 61 %, tandis que la fonction publique de l’État (FPE) atteint 58 %.
Mais attention : plus on monte dans la hiérarchie, plus les femmes se raréfient. Elles occupent 68 % des postes de catégorie A, mais seulement 45 % des emplois de catégorie A+, c’est-à-dire les fonctions supérieures d’encadrement et de direction. Certes, la situation progresse (+7 points depuis 2011), mais le fameux « plafond de verre » n’a pas encore disparu.

Une fonction publique qui prend de l’âge
Deuxième constat : les agents publics vieillissent.
L’âge moyen atteint désormais 44 ans, contre 42 ans en 2011. Surtout, la part des agents de 50 ans ou plus est passée de 30 % à 38 % en treize ans. Dans le même temps, la proportion des moins de 30 ans est restée stable à 15 %.
Résultat : la fonction publique compte aujourd’hui 2,5 agents de 50 ans ou plus pour un agent de moins de 30 ans, contre 2 en 2011.
La situation est particulièrement marquée dans la territoriale, où l’âge moyen atteint 46 ans et où l’on dénombre près de 4 agents de plus de 50 ans pour un jeune de moins de 30 ans.
Un indicateur qui pose inévitablement la question du renouvellement des effectifs et de l’attractivité des métiers publics.

Contractuels : plus jeunes que les fonctionnaires
Le contraste est frappant entre les statuts.
Les contractuels ont en moyenne 39 ans, alors que les fonctionnaires affichent 47 ans.
Cette différence illustre les transformations de l’emploi public : les recrutements récents passent de plus en plus souvent par la voie contractuelle, ce qui contribue à rajeunir cette population tandis que les corps de fonctionnaires vieillissent mécaniquement.
Une fonction publique très diplômée
Autre cliché qui résiste mal aux chiffres : celui d’une administration peu qualifiée.
En 2024, 58 % des agents publics sont diplômés de l’enseignement supérieur, contre 44 % des salariés du privé. Dans la fonction publique de l’État, ce taux grimpe même à 77 %.
Plus impressionnant encore : 23 % des agents publics sont titulaires d’un master ou d’un doctorat, contre 16 % dans le secteur privé.
Handicap : une progression encourageante
Enfin, la part des agents reconnus travailleurs handicapés ou bénéficiaires de l’AAH atteint 5 %, soit un niveau identique à celui observé dans le secteur privé. Cette proportion a progressé de deux points depuis 2014 dans la fonction publique.
Ce qu’il faut retenir
Si l’on devait résumer la photographie 2024 des agents publics en trois mots, ce serait :
plus féminine, plus diplômée et plus âgée.
Une évolution qui témoigne à la fois des progrès réalisés en matière d’égalité professionnelle et des défis qui attendent les employeurs publics : renouvellement générationnel, attractivité des carrières, accès des femmes aux postes de direction et maintien dans l’emploi des agents seniors.
Autant de sujets qui concernent directement les ministères de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire et de la Mer, où la question du renouvellement des compétences est devenue un enjeu majeur pour les années à venir.
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