Rapport annuel sur l’état de la fonction publique – Édition 2026 : ce que révèle le rapport … et ce que les chiffres disent vraiment
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Effectifs, rémunérations, temps de travail, absences, conditions de travail… Le rapport annuel 2026 sur l’état de la fonction publique, publié par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), apporte un éclairage précieux sur la situation des agents publics. Au-delà des statistiques, il permet aussi de remettre en perspective plusieurs affirmations régulièrement entendues sur les fonctionnaires, notamment lorsqu’on les compare aux salariés du secteur privé.
L’édition 2026 du rapport s’appuie principalement sur les données de 2024 pour les effectifs et les rémunérations, et de 2025 pour le temps de travail et son organisation.
5,85 millions d’agents publics : une fonction publique qui ne prend pas une place croissante dans l’emploi
Au 31 décembre 2024, la fonction publique compte 5,85 millions d’agents, soit 37 000 de plus qu’un an auparavant (+ 0,6 %).
Ces agents se répartissent entre les trois versants :
- 2,58 millions dans la fonction publique de l’État (44 %) ;
- 2,02 millions dans la fonction publique territoriale (35 %) ;
- 1,25 million dans la fonction publique hospitalière (21 %).
Mais un autre chiffre mérite particulièrement l’attention : la fonction publique représente 19,8 % de l’emploi total en France, soit environ un emploi sur cinq.
Cette proportion est inférieure à celle observée au milieu des années 2010, où elle atteignait 21,5 % en 2014.
Autrement dit, si le nombre d’agents publics augmente en valeur absolue, leur poids dans l’emploi total a diminué sur la dernière décennie, avant de se stabiliser ces dernières années.
Il faut donc distinguer deux réalités : l’augmentation des effectifs et l’évolution de la place de la fonction publique dans l’ensemble de l’emploi.
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Au ministère de la Transition écologique : une évolution des effectifs bien différente
Le rapport permet également de regarder plus précisément la situation du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, selon son périmètre statistique de 2024.
Il recense 67 100 agents, dont 45 600 dans les services ministériels et 21 500 dans les établissements publics administratifs.
Entre 2023 et 2024, les effectifs de cet ensemble augmentent légèrement (+ 0,8 %), mais cette évolution masque deux situations différentes : une quasi-stabilité dans les services ministériels (- 0,1 %) et une progression de 2,7 % dans les établissements publics.
Surtout, sur la période 2011-2021, les effectifs des services ministériels ont diminué en moyenne de 4,4 % par an.
Ces données rappellent que les évolutions nationales ne reflètent pas nécessairement la réalité vécue dans chaque ministère, chaque direction ou chaque service.
Pour les agents du pôle ministériel, la question ne se résume donc pas à savoir si la fonction publique compte globalement davantage d’agents. Elle est aussi de savoir où se trouvent les effectifs, quelles missions doivent être assurées et avec quels moyens humains.
Public et privé : travaille-t-on vraiment moins dans la fonction publique ?
C’est probablement l’une des comparaisons qui revient le plus fréquemment dans le débat public.
En 2025, les agents publics à temps complet, hors enseignants, déclarent travailler en moyenne 39,1 heures par semaine, contre 39 heures dans le secteur privé.
Sur la durée hebdomadaire habituelle, les deux secteurs sont donc pratiquement au même niveau.
La différence apparaît davantage lorsqu’on examine la durée annuelle effective :
- 1 623 heures dans la fonction publique, hors enseignants ;
- 1 680 heures dans le secteur privé.
Cet écart de 57 heures s’accompagne d’une différence dans le nombre moyen de jours de congés et de RTT : 34 jours dans le public contre 25,9 dans le privé.
Mais ces moyennes doivent être replacées dans leur contexte. Les contraintes professionnelles ne sont pas identiques selon les métiers, les horaires, les astreintes ou les nécessités de service.
Le rapport montre notamment que, dans la fonction publique, 41 % des agents ont travaillé au moins un samedi, 33 % un dimanche, 35 % le soir et 14 % la nuit, au cours des quatre semaines précédant l’enquête.
La fonction publique hospitalière est particulièrement concernée par ces horaires atypiques.
Il serait donc réducteur de comparer les seuls nombres de jours de congés sans prendre en compte les organisations du travail et les contraintes propres aux différentes professions.
Arrêts maladie : des chiffres beaucoup plus proches qu’on ne l’imagine
Autre sujet régulièrement évoqué lorsqu’il est question des agents publics : les absences pour raison de santé.
En 2025, 5 % des agents publics ont été absents au moins un jour pour raison de santé au cours d’une semaine donnée, soit une proportion identique à celle observée dans le secteur privé.
Sur l’ensemble de l’année, la durée moyenne des absences est également très proche : 11 jours dans la fonction publique, contre 10,6 jours dans le privé.
Les différences sont en revanche plus marquées entre les trois versants de la fonction publique :
- 9 jours dans la fonction publique de l’État, hors enseignants ;
- 8,1 jours pour les enseignants ;
- 12,7 jours dans la fonction publique territoriale ;
- 14,3 jours dans la fonction publique hospitalière.
Le rapport souligne notamment le rôle de l’âge, du sexe et des conditions de travail. Les métiers physiquement exigeants, les horaires atypiques et les risques professionnels contribuent à expliquer certaines différences.
Ces données invitent à dépasser les jugements généraux sur un prétendu absentéisme propre aux fonctionnaires.
La question des absences pour raison de santé mérite d’abord d’être abordée sous l’angle de la prévention, de l’amélioration des conditions de travail et de la protection de la santé des agents, plutôt que par une opposition systématique entre public et privé.
Les rémunérations : des moyennes qui cachent de fortes disparités
En 2024, le salaire net mensuel moyen, calculé en équivalent temps plein, s’établit à 2 742 euros dans la fonction publique, contre 2 814 euros dans le secteur privé.
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Mais les écarts sont importants entre les trois versants :
- 3 018 euros dans la fonction publique de l’État ;
- 2 317 euros dans la fonction publique territoriale ;
- 2 896 euros dans la fonction publique hospitalière.
Ces moyennes ne correspondent évidemment pas au salaire perçu par chaque agent. Elles regroupent des catégories, des métiers, des niveaux de qualification et des anciennetés très différents.
Le rapport indique d’ailleurs que 10 % des postes de la fonction publique sont rémunérés moins de 1 729 euros nets mensuels, en équivalent temps plein.
En 2024, le salaire net moyen de la fonction publique progresse de 1,7 % en euros constants, c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation.
Cette évolution statistique ne signifie cependant pas que chaque agent a bénéficié d’une augmentation équivalente. L’évolution du salaire moyen dépend aussi des recrutements, des départs, des promotions et de la composition des effectifs.
Autre réalité persistante : les inégalités entre les femmes et les hommes. Dans l’ensemble de la fonction publique, le salaire net moyen des femmes reste inférieur de 10,1 % à celui des hommes. Cet écart atteint 12 % dans la fonction publique de l’État.
Une fonction publique qui vieillit et qui recourt davantage aux contractuels
Le rapport souligne deux évolutions importantes.
D’abord, le vieillissement des effectifs : 38 % des agents publics ont 50 ans ou plus, tandis que seulement 15 % ont moins de 30 ans.
Cette situation pose directement la question du renouvellement des compétences, des recrutements, de la transmission des savoir-faire et de l’attractivité des métiers publics.
Ensuite, la progression de l’emploi contractuel.
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Fin 2024, la fonction publique compte 1,41 million de contractuels, soit 24 % de l’ensemble des agents. Leur nombre a augmenté de 2,7 % en un an.
Les fonctionnaires titulaires représentent pour leur part environ 64 % des effectifs.
Cette évolution interroge les conditions d’emploi, les perspectives de carrière et la capacité des administrations à fidéliser leurs personnels.
Elle rappelle également que derrière le terme générique de « fonctionnaires » se trouvent des agents aux statuts et aux situations professionnelles très différents.
Public et privé : deux mondes moins éloignés qu’on ne le dit
Les comparaisons entre secteurs public et privé occupent une place importante dans le débat sur la fonction publique.
Pourtant, les chiffres officiels invitent à dépasser les oppositions simplistes.
Les durées hebdomadaires habituelles de travail sont quasiment identiques. Les rémunérations moyennes sont relativement proches, même si les différences de métiers et de qualifications rendent les comparaisons délicates. Les deux secteurs connaissent des problématiques communes : pouvoir d’achat, conditions de travail, vieillissement des actifs, difficultés de recrutement ou conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.
Cela ne signifie pas que les différences n’existent pas. Les missions, les statuts, les obligations et les contraintes peuvent varier considérablement.
Mais opposer systématiquement les agents publics aux salariés du privé ne permet pas de comprendre les difficultés que rencontrent les uns et les autres.
Au-delà des chiffres, quelle fonction publique voulons-nous ?
Le rapport annuel de la DGAFP constitue une photographie détaillée de l’emploi public. Il permet de mieux connaître les agents, leurs rémunérations, leurs conditions de travail et les transformations des administrations.
Mais les statistiques ne disent pas tout.
Une hausse globale des effectifs ne garantit pas que chaque service dispose des moyens nécessaires. Un salaire moyen en progression ne signifie pas que tous les agents gagnent en pouvoir d’achat. Et une durée annuelle de travail ne suffit pas à mesurer la pénibilité, la charge de travail ou les responsabilités exercées.
Pour la CFDT-UFETAM, ces données doivent avant tout nourrir une réflexion sur les moyens nécessaires à l’exercice des missions publiques, l’attractivité des métiers, la reconnaissance du travail des agents et la qualité des services rendus aux usagers.
Car derrière les 5,85 millions d’agents recensés, il y a des femmes et des hommes qui enseignent, soignent, accompagnent, protègent, entretiennent les infrastructures, préservent l’environnement et assurent chaque jour la continuité des services publics.
La véritable question n’est pas seulement de savoir combien d’agents compte la fonction publique, mais de déterminer quels services publics nous voulons et quels moyens nous sommes prêts à leur consacrer.
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Par UFETAM-CFDT
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Sources :
DGAFP – Rapport annuel sur l’état de la fonction publique, édition 2026 et Fonction publique – Chiffres clés, édition 2026.
Les données relatives aux effectifs et aux rémunérations portent principalement sur 2024 ; celles concernant le temps de travail sur 2025.
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Tout en images :
Voir le diaporama des infographies
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Le dossier sur le site de la Fonction Publique
Voir dossier (lien vers le site DGAFP)
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Pour mémoire :
- Rapport annuel 2025
- Rapport annuel 2024
- Rapport annuel 2023
- Rapport annuel 2022
- Rapport annuel 2021
- Rapport annuel 2020
- Rapport annuel 2019
- Rapport annuel 2018
- Rapport annuel 2017
- Rapport annuel 2016
- Rapport annuel 2015
- Rapport annuel 2014
- Rapport annuel 2013
- Rapport annuel 2011-2012
- Rapport annuel 2010-2011
- Rapport annuel 2009-2010
- Rapport annuel 2008-2009
- Rapport annuel 2007-2008
- Rapport annuel 2006-2007
- Rapport annuel 2005-2006
- Rapport annuel 2004
- Rapport annuel 2003
- Rapport annuel 2002
- Rapport annuel 2001-2002
- Rapport annuel 2000-2001
- Rapport annuel 1999-2000
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