Droits en recul, services publics sous tension : le signal d’alarme de la Défenseure des droits
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Le rapport annuel 2025 de la Défenseure des droits ne se contente pas d’aligner des chiffres : il met en évidence une réalité de plus en plus tangible pour les agents comme pour les usagers. L’accès aux droits se dégrade, et avec lui, la capacité des services publics à répondre pleinement à leurs missions.
Une hausse des réclamations qui ne trompe pas
Avec 165 011 réclamations enregistrées en 2025, soit +17 % en un an et près de +70 % depuis 2020, le constat est sans appel. Les difficultés d’accès aux services publics s’intensifient, avec une hausse de 20 % des saisines dans ce domaine.
Démarches de plus en plus complexes, délais qui s’allongent, absence de réponse : la dématérialisation, lorsqu’elle est mal accompagnée, devient elle-même un facteur d’exclusion.

Des services publics sous tension… et des agents en première ligne
Pour la CFDT, ces constats font écho à ce que les agents vivent au quotidien. Derrière les dysfonctionnements pointés, il y a des services en tension, des organisations fragilisées, et des conditions de travail qui se dégradent.
Les agents publics se retrouvent trop souvent en première ligne, à devoir pallier les manques, au risque de perdre le sens de leur mission.
Des conséquences concrètes pour les usagers
Les conséquences sont loin d’être abstraites. Le rapport souligne que les difficultés d’accès aux droits contribuent directement au non-recours aux prestations sociales.
Dans le même temps, les réclamations liées au droit des étrangers ont fortement progressé, passant d’environ 10 % en 2020 à plus de 40 % en 2025, révélant l’ampleur des blocages administratifs, notamment dans les procédures en ligne.
Renoncer à un droit, interrompre un parcours de soins, perdre un emploi à cause d’un retard administratif : ces situations se multiplient et touchent d’abord les publics les plus fragiles.
Des atteintes aux droits toujours préoccupantes
Certaines alertes sont particulièrement marquantes. Les atteintes aux droits de l’enfant restent massives, avec des défaillances persistantes dans la protection de l’enfance et un manque de moyens dans la prise en charge de la santé mentale.
Les discriminations, elles, continuent de peser fortement, le handicap restant le premier motif de saisine dans ce domaine.
Le rapport met également en lumière des tensions dans la relation entre la population et les forces de sécurité.
Lanceurs d’alerte : une protection encore à renforcer
Autre signal important : l’augmentation des saisines concernant les lanceurs d’alerte, avec plus de 900 dossiers en 2025 contre 519 en 2024.
Une progression qui traduit à la fois une meilleure connaissance du dispositif, mais aussi un besoin croissant d’accompagnement et de protection pour celles et ceux qui agissent dans l’intérêt général.
Pour la CFDT : des réponses structurelles indispensables
Dans ce contexte, la CFDT réaffirme que l’accès aux droits ne peut être une variable d’ajustement. Il suppose des services publics accessibles, humains et dotés de moyens à la hauteur des besoins.
Il suppose aussi de redonner aux agents les conditions d’exercice leur permettant de remplir pleinement leurs missions.
Ce rapport doit être entendu comme un avertissement. Sans réponses structurelles, le risque est clair : voir s’installer durablement un recul des droits et une défiance accrue envers les institutions publiques.
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