Ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF) : les nouvelles voies de recrutement à partir de 2027

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Quatre arrêtés du 21 août 2026 précisent les nouvelles modalités de recrutement des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF). À partir des concours ouverts au titre de 2027, les conditions et épreuves sont réorganisées pour les trois voies de recrutement : ingénieurs-élèves, concours interne et concours externe sur titres et travaux. Une nouvelle liste de grandes écoles et de diplômes reconnus complète le dispositif.

Une nouvelle organisation du recrutement des IPEF

Le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF) est un corps interministériel d’ingénieurs de l’État ayant vocation à exercer des fonctions d’encadrement supérieur.

Après la réforme statutaire engagée avec le décret du 12 août 2025, quatre arrêtés publiés au Journal officiel du 23 août 2026 viennent préciser les modalités concrètes des différents concours de recrutement.

Ces textes concernent :

  • le recrutement des ingénieurs-élèves des ponts, des eaux et des forêts ;
  • le concours interne de recrutement dans le corps ;
  • le concours externe sur titres et travaux ;
  • la liste des grandes écoles scientifiques et diplômes reconnus pour l’une des voies de recrutement des ingénieurs-élèves.

Ces nouvelles modalités s’appliqueront aux concours ouverts au titre de 2027. Les concours ouverts en 2026 restent régis par les règles en vigueur au moment de leur ouverture.

Trois voies de recrutement, trois profils de candidats

Le nouveau dispositif distingue clairement les publics concernés.

Voie de recrutement Public principalement concerné Principe de sélection
Ingénieurs-élèves Élèves d’ENS, d’AgroParisTech et de certaines grandes écoles scientifiques Écrit + oral à partir d’un dossier
Concours interne Agents publics remplissant les conditions statutaires Écrit + oral fondé sur l’expérience professionnelle
Concours externe sur titres et travaux Candidats disposant d’un doctorat ou d’une qualification équivalente Examen du dossier puis oral

.
Cette organisation permet de distinguer les recrutements de jeunes diplômés ou élèves-ingénieurs des voies permettant à des professionnels déjà expérimentés d’accéder au corps.


1. Le recrutement des ingénieurs-élèves : trois concours

Le premier arrêté prévoit trois concours pour le recrutement des ingénieurs-élèves.

Le concours ENS

Il est ouvert aux élèves accomplissant leur troisième ou quatrième année de scolarité dans une école normale supérieure (ENS), dans un domaine de compétences du corps, et ayant été recrutés par le concours d’admission à ces écoles.

Le concours ISIVE

Il est destiné aux élèves préparant, en dernière année, le diplôme d’ingénieur de l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement, c’est-à-dire AgroParisTech.

Le concours AGES

Il concerne les élèves préparant, en dernière année, un diplôme délivré par l’une des autres grandes écoles scientifiques figurant sur la liste fixée par l’arrêté du 21 août 2026.

Quelles écoles sont concernées ?

La nouvelle liste est assez large. Elle comprend notamment :

  • l’École nationale des ponts et chaussées ;
  • l’École nationale des travaux publics de l’État ;
  • l’École nationale de la météorologie ;
  • Geodata Paris ;
  • l’École nationale de l’aviation civile ;
  • Mines Paris – PSL ;
  • ISAE-Supaero ;
  • l’École nationale supérieure de techniques avancées ;
  • Télécom Paris ;
  • plusieurs écoles du réseau Mines-Télécom ;
  • plusieurs écoles Centrale ;
  • l’Institut Agro ;
  • VetAgro Sup ;
  • Oniris ;
  • Bordeaux Sciences Agro ;
  • l’École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg ;
  • plusieurs écoles nationales vétérinaires.

L’arrêté reconnaît également les diplômes équivalents dans les conditions prévues par le Code général de la fonction publique.

À noter : l’arrêté du 21 août 2026 abroge l’ancienne liste issue de l’arrêté du 3 décembre 2009.


2. Des épreuves qui accordent une place importante à l’oral

Pour les concours d’ingénieurs-élèves, le candidat doit fournir un dossier comprenant :

  • un CV de deux pages maximum ;
  • une lettre de motivation de deux pages maximum ;
  • une note de 2 à 4 pages présentant un projet scientifique ou technique mené dans l’un des domaines de compétence du corps.

Le concours comporte ensuite deux épreuves :

Épreuve Durée Coefficient
Écrit d’admissibilité : note d’analyse et de commentaire à partir d’un dossier de 50 pages maximum 3 heures 1
Oral d’admission : entretien avec le jury à partir du dossier 40 minutes 2

.
L’oral commence par un exposé de dix minutes maximum : cinq minutes consacrées au parcours et aux motivations, puis cinq minutes consacrées au projet scientifique ou technique.

Le jury évalue notamment la capacité du candidat à mobiliser ses connaissances et compétences dans son futur environnement professionnel, sa motivation et son aptitude à exercer les fonctions d’IPEF.

Le message est donc assez clair : l’oral occupe une place importante dans la sélection, avec un coefficient deux fois supérieur à celui de l’écrit.


3. Le concours interne : une voie importante pour les agents publics

Pour les agents déjà en fonction, le concours interne constitue une voie d’accès distincte au corps des IPEF.

L’épreuve d’admissibilité consiste en une note de problématique, à partir d’un dossier de 50 pages maximum portant sur les activités exercées par les IPEF.

Elle doit permettre au candidat de démontrer sa culture professionnelle dans ses différentes dimensions :

  • scientifique ;
  • technique ;
  • administrative ;
  • juridique ;
  • économique ;
  • financière.

Le dossier peut également comporter des textes en anglais.

Durée : 4 heures – coefficient 1.

Un oral centré sur l’expérience professionnelle

L’admission repose sur un entretien de 40 minutes, précédé d’un exposé de cinq minutes maximum consacré à l’expérience professionnelle acquise et aux motivations du candidat.

Le jury cherche notamment à apprécier :

  • les connaissances et compétences acquises au cours du parcours professionnel ;
  • la capacité à les mobiliser dans le futur environnement professionnel ;
  • la motivation ;
  • l’adéquation du profil avec les missions des IPEF.

Le jury dispose pour cet entretien d’un dossier de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle (RAEP) transmis selon les modalités fixées par l’arrêté d’ouverture.

Point important : le dossier RAEP n’est pas noté.

L’oral est, là encore, coefficient 2 contre 1 pour l’écrit.

Pour les agents du pôle ministériel

Cette voie mérite une attention particulière pour les agents du ministère de la Transition écologique et des autres services relevant du pôle ministériel.

Elle permet de valoriser une expérience professionnelle déjà acquise, plutôt que de reposer uniquement sur les connaissances académiques.

Le concours interne ne constitue toutefois pas une promotion automatique : les candidats doivent remplir les conditions statutaires d’accès au concours et réussir les épreuves prévues.


4. Le concours externe sur titres et travaux : une sélection fondée sur l’expertise

Le troisième dispositif concerne le concours externe sur titres et travaux.

Il se distingue nettement des deux précédents : il n’y a pas d’épreuve écrite classique. La première phase consiste en un examen du dossier du candidat par le jury.

Le concours est organisé par spécialités.

Onze spécialités

L’arrêté prévoit onze spécialités :

  1. Sciences du vivant au service des transitions agroécologiques et alimentaires ;
  2. Connaissance et protection des écosystèmes ;
  3. Évaluation et gestion des risques sanitaires et technologiques ;
  4. Sciences humaines et sociales appliquées aux domaines d’activité du corps ;
  5. Gestion durable des ressources naturelles ;
  6. Sciences des territoires ;
  7. Sciences et technologies du développement durable ;
  8. Évaluation et gestion des risques naturels ;
  9. Numérique et science des données ;
  10. Décarbonation de l’énergie ;
  11. Infrastructures et services de transports terrestres, maritimes et aériens.

Cette liste montre la diversité des compétences recherchées pour rejoindre le corps des IPEF.

Pour un lecteur UFETAM, on remarquera notamment la présence de spécialités directement liées aux politiques publiques portées par le pôle ministériel : risques naturels, sciences des territoires, développement durable, ressources naturelles, énergie, numérique ou encore transports.

Quels documents fournir ?

Le dossier comporte notamment :

  • un CV ;
  • pour les titulaires d’un doctorat, une copie du rapport de soutenance et des rapports des rapporteurs ;
  • à défaut de doctorat, tout document justifiant d’une qualification équivalente ;
  • une note de six pages maximum présentant notamment les stages, activités, travaux, enseignements tirés et publications ;
  • une lettre de motivation de deux pages maximum.

La phase d’admissibilité repose sur l’examen de ce dossier. Elle n’est pas notée.

Les candidats retenus passent ensuite un entretien oral de 40 minutes, comprenant un exposé de dix minutes maximum sur leur parcours et leurs motivations, puis un échange avec le jury.

L’entretien est noté sur 20 et permet notamment d’évaluer l’adéquation du profil avec les missions des IPEF et avec la spécialité choisie.


5. Un jury à l’image du caractère interministériel des IPEF

Les différents concours reposent sur des jurys composés d’au moins huit membres, proposés à parts égales par les ministères chargés de l’agriculture et du développement durable.

Pour chacun des deux ministères, le jury comprend notamment deux membres du corps des IPEF et deux personnalités qualifiées.

Pour le ministère chargé du développement durable, l’un des membres du corps représente l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD).

Cette composition traduit le caractère interministériel du corps et la diversité des compétences mobilisées.


6. 2026 ou 2027 : attention au calendrier

Les nouveaux arrêtés sont applicables à compter des concours ouverts au titre de l’année 2027.

Les concours ouverts au titre de 2026 restent régis par les dispositions qui étaient en vigueur à la date de leur ouverture.

Les candidats doivent donc bien distinguer :

Concours 2026 → anciennes règles

Concours 2027 → nouvelles règles issues des arrêtés du 21 août 2026

Les dates précises d’ouverture et de clôture des inscriptions ainsi que celles des épreuves seront fixées par les arrêtés d’ouverture des différents concours.


À retenir

À partir de 2027, trois voies permettent d’accéder au corps des IPEF :

→ ingénieur-élève, pour des élèves de l’ENS, d’AgroParisTech et d’autres grandes écoles scientifiques reconnues ;

→ concours interne, pour les agents remplissant les conditions statutaires, avec une sélection largement fondée sur l’expérience professionnelle ;

→ concours externe sur titres et travaux, pour des candidats disposant notamment d’un doctorat ou d’une qualification équivalente, dans l’une des onze spécialités prévues.

Dans les trois voies, l’oral occupe une place importante dans la sélection.

Ce que cela change concrètement

La réforme rend plus lisibles les différentes voies d’accès au corps des IPEF.

Pour les étudiants, le dispositif précise les écoles et diplômes permettant de candidater comme ingénieur-élève.

Pour les agents publics, le concours interne met davantage en avant l’expérience professionnelle, les compétences acquises et la motivation.

Pour les candidats issus de la recherche ou disposant d’une expertise spécialisée, le concours externe sur titres et travaux offre une voie de recrutement organisée autour des titres, travaux, compétences et spécialités professionnelles.

Ces nouvelles règles ne produisent toutefois leurs effets qu’à compter des concours ouverts au titre de 2027.

L’infographie :

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Les quatre textes à consulter

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Par UFETAM-CFDT
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Pour mémoire : 

Notre article du 18-08-25 : Ingénieurs de l’État : deux décrets traitent des statuts et de l’échelonnement indiciaire

Notre article du 23-01-26 : Modalités du concours pour le recrutement du corps d’ingénieurs des eaux, des ponts et des forêts (IPEF)

Notre article du 01-07-26 : Ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF) : une nouvelle architecture de formation entre en vigueur

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