Mayotte : 101 mesures pour le rattrapage, le développement et la sécurisation de Mayotte

Française depuis 1841, Mayotte a réaffirmé à deux reprises par référendum en 1974 et 1976, sa volonté de rester dans le giron français, alors que les trois autres Iles de l’Archipel des Comores, choisissaient en 1974, la voie de l’indépendance.
Après de longues années de revendication pour obtenir une intégration complète dans la République française, combat qui a commencé à prendre forme en 1958, Mayotte finit par obtenir gain de cause et accède en 2011 après consultation de sa population en 2009, au statut de Département d’Outre-Mer.
Parallèlement, le territoire fait face à une immigration clandestine de masse, en provenance de la région et particulièrement des Comores, devenu le passage obligé pour des milliers de candidat à l’exil en provenance de toute la région, depuis l’Afrique de l’Est. Ce regain d’intérêt pour Mayotte a commencé dans les années 90 et déjà sous la pression de la population et des élus, Mayotte réclamait des mesures fermes de contrôle de ses frontières. Le Gouvernement Balladur a décidé en 1995, d’instaurer pour les ressortissants comoriens, l’obligation d’un visa pour l’entrée à Mayotte. Néanmoins, cette mesure n’a pu être accompagnée de moyens suffisants pour assurer la surveillance du territoire.
Les services publics sont aujourd’hui les premiers à souffrir du poids de cette immigration incontrôlée :
– deux enfants sur trois naissant à Mayotte sont de mère étrangère et en situation irrégulière : 10.000 naissances enregistrées à Mayotte depuis 2016 contre 6000 dans les années 2009 ;
– des écoles primaires de l’Ile sont en « rotation » (école le matin pour un groupe A et l’après-midi pour un autre groupe B) et sans cantine scolaire, rendant difficile la mise en oeuvre des rythmes scolaires et les politiques éducatives nationales ;
– plus de 4.000 mineurs isolés sont recensés dans le Département.
Parallèlement, la délinquance enregistrée sur le territoire dépasse l’entendement : des phénomènes d’émeutes en bandes organisées frappent l’agglomération de Mamoudzou, tandis que le reste du territoire croule sous une délinquance souvent émaillée de vols avec violence sous la menace d’armes blanches. Ces faits sont pour la plus part l’oeuvre de personnes en situation irrégulière, souvent mineures.
Nos collectivités sont pour les moins accompagnées de la République. La dotation globale de fonctionnement avoisine 136 euros par habitant à Mayotte contre 446 € à La Réunion voisine !
Devenue Département en 2011 sous le régime d’une collectivité unique, le Conseil départemental n’est juridiquement reconnu que dans ses prérogatives départementales, ne disposant de fait suffisamment de moyens à consacrer à l’aménagement, au transport ou au développement économique du territoire.

C’est donc pour toutes ces raisons que la population s’est massivement soulevée depuis le 20 mars 2018, pour réclamer à l’Etat, l’égalité de traitement, les moyens de la départementalisation et au premier chef, l’obligation de sécurité, à l’égard de la population. Quelques semaines auparavant trois établissements scolaires du second degré avaient dû fermer à cause de phénomènes inacceptables de violences survenues dans leurs enceintes et un jeune se faisait sauvagement agressé à Dembéni, devenu depuis, paraplégique. Face au manque de réponse suffisante de l’Etat, le personnel de ces établissements a décidé d’exercer son droit de retrait et les mahorais-es, écoeurés(es), de descendre dans la rue pour revendiquer leur droit à la sécurité et au développement de leur territoire. Une large consultation des différents milieux socioprofessionnels issus de tous les secteurs, a permis l’élaboration des 101 mesures suivantes pour le rattrapage, le développement et la sécurisation de Mayotte, 101ième département français.

Ci-dessous, lire :
– Plateforme d’union des revendications pour la sécurité et le développement de Mayotte (28-03-18) – 101 mesures pour l’ancrage de Mayotte dans la République
– Table revendicative (Février 2018)