Travail le 1er mai : l’exécutif recule et renvoie aux négociations de branche

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Après la forte mobilisation des organisations syndicales, le gouvernement temporise sur la question du travail le 1er mai. Après plusieurs semaines de débats et de tensions, l’exécutif a finalement choisi de ne pas faire évoluer la législation dans l’immédiat, renvoyant toute décision à un horizon plus lointain.

À l’issue d’échanges avec les organisations syndicales et patronales ce lundi 13 avril 2026, il a été acté qu’aucune modification n’interviendrait pour ce 1er mai 2026. « J’ai entendu les inquiétudes des organisations syndicales et je veux être clair, le 1er-Mai n’est pas une journée comme les autres. C’est la journée des travailleurs et des travailleuses, c’est le seul jour férié, chômé et payé. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles », a assuré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou à l’issue d’une rencontre avec les organisations syndicales. L’exécutif évoque désormais la recherche d’une solution d’ici 2027, laissant entre-temps aux branches professionnelles la responsabilité d’ouvrir des discussions et de formuler des propositions.

« Le 1er-Mai 2026 sera un 1er-Mai complètement classique », s’est réjoui le numéro 2 de la CFDT, Yvan Ricordeau, à l’issue de la rencontre.

Sur le plan parlementaire, le signal est clair : la procédure est stoppée par le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a « décidé de ne pas demander la convocation de la commission mixte paritaire » qui devait reprendre le texte sur le travail le 1er-Mai. La réforme est en suspens. Ce choix traduit une volonté d’apaisement sur un sujet particulièrement sensible.

Car au-delà de la technique juridique, c’est bien la portée symbolique du 1er mai qui est en jeu. Seul jour férié obligatoirement chômé et payé, il reste fortement associé aux droits des travailleurs. Toute évolution suscite donc des inquiétudes, notamment sur un possible élargissement des dérogations.

Si certaines organisations syndicales voient dans ce report la preuve que leurs alertes ont été entendues, la vigilance reste de mise. Le débat n’est pas clos : il est simplement différé. D’ici là, les discussions de branche pourraient bien dessiner les contours des futurs arbitrages.

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Pour aller plus loin :

Lire le courrier intersyndical du 04-03-26

Notre article du 25-03-26 : Travail le 1er mai : Courrier aux député·es (Intersyndicale)

Notre article du 21-01-26 : Férié et chômé : préserver l’exceptionnalité du 1er Mai

Notre article du 02-07-25 : Communiqué intersyndical : une proposition de loi au Sénat qui attaque le 1er mai, seul jour chômé et payé

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