29 septembre : sur les salaires, les agents publics ont de bonnes raisons de se faire entendre
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Gel du point d’indice en 2027, pouvoir d’achat qui décroche, grilles salariales rattrapées par le SMIC, absence de mesures générales et budgets publics sous pression : à quelques jours de la mobilisation du 29 septembre, les annonces gouvernementales donnent une nouvelle actualité à la question des rémunérations. Pour la CFDT, après les remerciements et les discours sur l’engagement des agents publics, il est désormais temps de passer aux actes.
2027 : encore une année blanche pour le point d’indice
L’annonce est désormais claire : la valeur du point d’indice devrait rester gelée en 2027. Le gouvernement estime que cette absence de revalorisation permettra de dégager environ 2 milliards d’euros.
Ce serait une nouvelle année sans augmentation générale après 2024, 2025 et 2026. Depuis 2017, le point d’indice n’a été revalorisé qu’en 2022 (+3,5 %) et en 2023 (+1,5 %), alors que les prix ont, eux, continué leur progression.
Pour les agents, le mécanisme est simple : lorsque le point d’indice reste immobile alors que les prix augmentent, le traitement indiciaire perd progressivement de sa valeur réelle.
La CFDT le constate depuis plusieurs mois : malgré quelques mesures obtenues concernant notamment les promotions ou la reconnaissance de l’expérience professionnelle, aucune mesure générale n’a été annoncée pour répondre à la question du pouvoir d’achat.
862 000 agents désormais rattrapés par le SMIC
Un chiffre résume à lui seul le problème : 862 000 agents publics, soit près d’un agent sur six, ont aujourd’hui une rémunération indiciaire inférieure au SMIC.
Ils ne sont évidemment pas payés en dessous du salaire minimum : une indemnité différentielle vient compléter leur traitement afin de respecter le SMIC.
Mais cette mécanique révèle surtout le tassement considérable des grilles indiciaires.
La situation touche particulièrement la catégorie C, mais elle remonte désormais dans les grilles : selon la CFDT, plusieurs échelons des catégories C et B sont concernés, tandis que le premier échelon de la catégorie A ne dépasse plus le SMIC que de quelques dizaines d’euros bruts.
Autrement dit, les augmentations du SMIC rattrapent les traitements de la Fonction publique pendant que le point d’indice reste bloqué. À terme, ce sont les écarts entre échelons et catégories, donc la reconnaissance de l’ancienneté, des qualifications et des responsabilités, qui s’écrasent.
« Il y a un appauvrissement, ça, c’est clair »
Pour Laure Revel, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, le constat ne souffre guère d’ambiguïté :
« Il y a un appauvrissement, ça, c’est clair », avec « une vraie difficulté » pour beaucoup d’agents publics.
Et la nouvelle annonce concernant 2027 ne devrait pas améliorer la situation. La responsable de la CFDT estime que « le décrochage des rémunérations des agents publics ne va pas s’arrêter de sitôt ».
Le sujet est d’autant moins anecdotique que, selon Laure Revel, le salaire constitue aujourd’hui la première préoccupation des agents publics.
Des remerciements qui ne remplissent pas le Caddie
Le contraste est également de plus en plus difficile à accepter.
Canicules, incendies, crises sanitaires, catastrophes naturelles, continuité des services, sécurité, accompagnement des usagers : à chaque crise, les pouvoirs publics rappellent le rôle indispensable des agents.
Laure Revel le résume d’une formule :
« Les agents publics, on sait les trouver quand il y a des problèmes. »
Et, à propos des remerciements adressés cet été aux soignants, pompiers et autres agents mobilisés lors des canicules et incendies :
« Ce ne sont pas les remerciements qui vont remplir les Caddie et les réservoirs. »
La question posée par la mobilisation du 29 septembre est donc aussi celle de la reconnaissance concrète du travail effectué : cette reconnaissance peut-elle durablement se limiter aux discours sans se retrouver sur les fiches de paie ?
Les rémunérations, mais pas seulement
Le projet de budget 2027 pose également la question des moyens accordés aux services publics.
Les premières orientations annoncées prévoient un budget de l’État globalement contraint, même si plusieurs ministères — dont celui chargé de l’écologie — doivent voir leurs crédits progresser. Pour les autres, les marges de manœuvre risquent de se réduire.
Or rémunérations, effectifs, conditions de travail et qualité du service rendu sont étroitement liés.
Pour Laure Revel, les gels budgétaires « auront forcément des conséquences sur le fonctionnement des ministères », alors même que les organisations syndicales alertent depuis longtemps sur les difficultés rencontrées dans les services.
La question est aussi celle de l’attractivité. Comment recruter et fidéliser lorsque les débuts de carrière se rapprochent du SMIC, que les grilles se tassent et que les perspectives salariales se réduisent ?
Le 29 septembre, peser avant les décisions budgétaires
Le calendrier a son importance.
La mobilisation intervient juste avant l’ouverture des débats parlementaires sur le budget 2027 et alors que les discussions sur les rémunérations ne sont pas closes. C’est précisément ce que souligne Laure Revel :
« Au moment où le projet de budget va passer devant la représentation nationale et où des discussions seront encore possibles, espérons qu’elles seront constructives pour la défense de la fonction publique et du service public. »
La CFDT appelle donc les agents à se mobiliser le mardi 29 septembre 2026 pour obtenir des réponses concrètes.
Ses revendications portent notamment sur une revalorisation significative du point d’indice et son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA, le maintien intégral de la rémunération en congé maladie ordinaire, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes et une véritable reconnaissance des missions exercées par les agents publics.
Le 29 septembre : passer des remerciements aux actes
Depuis plusieurs années, les agents publics entendent qu’ils sont indispensables. Les crises successives l’ont d’ailleurs régulièrement démontré.
Mais être indispensable ne suffit pas à payer les factures.
Quand près d’un agent sur six doit être rattrapé par une indemnité pour atteindre le SMIC, quand le point d’indice reste gelé année après année et quand les perspectives de carrière s’écrasent progressivement, la question salariale ne peut plus être renvoyée à plus tard.
Le 29 septembre, la mobilisation permettra aux agents de porter une exigence finalement assez simple : que la reconnaissance de leur travail, de leurs qualifications et de leur engagement au service de la population se traduise enfin concrètement dans leurs rémunérations et dans les moyens donnés aux services publics.
Le 29 septembre 2026 : mobilisons-nous pour les salaires, les carrières et les services publics.
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Par UFETAM-CFDT
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Infographie :
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Pour mémoire :
Notre article du 09-07-26 : [ RDV SALARIAL ] Aucune augmentation générale des salaires : une profonde déception !
Notre article du 20-07-26 : Salaires Fonction publique : des annonces nettement insuffisantes
Notre article du 27-07-26 : Salaires Fonction publique : Trop, c’est trop ! … les fonctionnaires se mobiliseront le 29 septembre
Notre article du 31-08-26 : Mobilisation du 29 septembre 2026 : le préavis de grève
Notre article du 04-09-26 : Pour les salaires des agent⋅es, pour les services publics, pour des choix budgétaires favorables à la fonction publique : en grève et en manifestation le 29 septembre !
Notre article du 14-09-26 : Rémunération : on veut des actes pour les agents publics
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