Ademe : le risque d’un démantèlement
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Depuis 1992, l’Agence de la transition écologique (Ademe) s’affiche comme un acteur incontournable de la transition énergétique, qu’il s’agisse d’accompagner les entreprises et les collectivités territoriales vers des pratiques plus vertueuses, d’expertiser des projets ou de les financer. Pourtant, depuis octobre 2024, les attaques contre l’agence se multiplient – nourries par un certain scepticisme vis-à-vis des agents de l’État et des politiques écologiques.
« On entend notamment que l’on coûte trop cher, et une confusion est entretenue entre le budget de fonctionnement de l’agence, qui est de 135 millions d’euros, et le budget d’intervention, qui s’élève à 3,5 milliards, explique Olivier Théobald, délégué syndical CFDT de l’Ademe. Insinuer que faire tourner une agence de 1 200 personnes nécessiterait 3,5 milliards d’euros, ça passe mal ! »
Un projet de loi arrive bientôt au Parlement
La campagne de dénigrement et de désinformation semble porter ses fruits. Un pas supplémentaire pourrait même être franchi, alerte l’Ademe, qui interpelle aujourd’hui la société civile d’un risque de démantèlement de cet organisme. En effet, le 13 mai prochain, le Conseil des ministres examinera un projet de loi du gouvernement suggérant notamment d’intégrer l’Ademe aux Dreal (Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement), qui contrôlent l’application de la réglementation relative à l’écologie. « C’est préoccupant car ça diluerait l’action et la visibilité de l’Ademe, s’inquiète le délégué syndical. On ne constituerait que 10 % de la Dreal alors qu’aujourd’hui on a notre identité propre. Ça ressemble davantage à un démantèlement qu’à une restructuration… »
![]() © Franck Crusiaux/RÉA |
« Ce n’est pas en supprimant la capacité d’intervention de l’Ademe ou en [la] vendant à la découpe que la transition écologique se fera », rappelle la CFDT dans un communiqué commun de Fabien Guimbretière, secrétaire national CFDT, de Laure Lamoureux (secrétaire générale de la Fédération Chimie Énergie) et d’Olivier Théobald. Or le risque de suppression de l’Ademe est réel. « La CFDT revendique une politique écologique ambitieuse qui n’est pas l’ennemi de la réindustrialisation mais sa condition de réussite », poursuit le trio cédétiste. Autant dire que les débats à l’Assemblée et au Sénat (ils devraient débuter dans quelques semaines) seront particulièrement scrutés.
Par Emma Besème
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D’après l’article initialement publié par Syndicalisme Hebdo
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Pour aller plus loin :
Rapport de la Commission d’Enquête du Sénat sur les agences – Tome 1
Rapport de la Commission d’Enquête du Sénat sur les agences – Tome 2
L’essentiel sur la commission d’enquête sur les agences
La liste des 61 recommandations
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Pour mémoire :
Notre article du 13-02-25 : Les agences de l’État en ligne de mire
Notre article du 13-02-25 : Échaudés par les critiques, les militants de l’ADEME réagissent !
Notre article du 25-03-25 : Agences de l’Etat : le Sénat enquête
Notre article du 07-05-25 : Le gouvernement veut supprimer un tiers des opérateurs de l’État
Notre article du 04-07-25 : Rapport de la Commission d’Enquête du Sénat sur les agences et opérateurs de l’État
Notre article du 21-07-25 : Réaction des organisations syndicales de l’ADEME au rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les agences
Notre article du 21-07-25 : ANCT, ADEME, CEREMA … quel avenir pour l’ingénierie territoriale ? (nouveau rapport d’inspection)
Notre article du 02-02-26 : ADEME : la CFDT, la FSU et la CGT interpellent les parlementaires
Notre article du 21-04-26 : Derrière l’ADEME, c’est la transition écologique que l’on attaque
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