Fonction publique : un portefeuille sacrifié, des agents ignorés

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La publication récente d’un décret élargissant de manière exceptionnelle (1) le cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics n’est pas un simple ajustement technique. Elle vient surtout confirmer une réalité de plus en plus difficile à ignorer : la Fonction publique reste aujourd’hui sans ministre dédié, et cette situation semble s’installer dans la durée.

Une absence qui n’a rien d’un hasard

Derrière l’élargissement du cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics, le constat est sans appel : la Fonction publique n’a toujours pas de ministre dédié. Et plus le temps passe, moins cette situation peut être présentée comme transitoire.

Ce choix politique interroge. Car il ne s’agit pas d’un simple ajustement d’organigramme, mais bien d’un signal envoyé à des millions d’agents publics : leurs enjeux ne justifieraient pas un pilotage ministériel à part entière.

Un feuilleton symptomatique d’un désintérêt

L’épisode autour de la non-nomination de Laure Miller a fini de lever les ambiguïtés. Annoncée, évoquée, puis finalement écartée sans explication claire, cette séquence illustre un manque de cap et de considération.

Quelles qu’en soient les raisons réelles, le résultat est le même : la Fonction publique reste sans voix politique dédiée, reléguée au second plan des priorités gouvernementales.

Un message inacceptable pour les agents

Pour les organisations syndicales et les agents, le message est limpide — et inacceptable. À l’heure où les services publics sont sous tension, où les difficultés de recrutement s’aggravent et où les conditions de travail se dégradent, l’absence de ministre dédié apparaît comme un véritable renoncement.

Comment prétendre répondre aux enjeux d’attractivité, de reconnaissance salariale ou de modernisation des carrières sans interlocuteur politique clairement identifié ? Comment construire un dialogue social de qualité dans ces conditions ?

Ce choix fragilise non seulement les agents, mais aussi la qualité du service rendu aux usagers.

La Fonction publique mérite mieux

Pour la CFDT, cette situation doit cesser. Les agents publics ne peuvent être traités comme une variable d’ajustement ni comme un sujet secondaire de l’action gouvernementale.

Le gouvernement doit désormais clarifier ses intentions. Soit il assume pleinement de redonner à la Fonction publique la place politique qu’elle mérite, avec un ministre de plein exercice, soit il prend la responsabilité d’un affaiblissement durable du dialogue social et de l’attractivité des métiers publics.

Le fossé continue de se creuser entre les agents et un État qui semble, une fois de plus, ignorer leur rôle essentiel. La CFDT continuera de porter leurs exigences avec détermination.

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(1) A l’automne dernier, Sébastien Lecornu avait limité à 14 le nombre de collaborateurs des cabinets ministériels – 15 précédemment sous François Bayrou – Ce décret est donc une décision dérogatoire, prise “à titre exceptionnel”, qui va désormais permettre au cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, de s’élargir à 19 membres.

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