Le vélo change de braquet : une mobilité du quotidien qui gagne du terrain
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Une nouvelle étude de l’ADEME publiée en 2026 confirme une tendance de fond : le vélo s’installe durablement dans les habitudes de déplacement des Français. Au-delà de la pratique sportive ou de loisir, il devient progressivement un mode de transport du quotidien, avec des bénéfices économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires considérables.
Une pratique qui progresse partout
La progression du vélo en France se confirme. En 2024, un Français sur trois utilise un vélo au moins une fois par mois et 24 % le pratiquent au moins une fois par semaine, contre seulement 12 % en 2012.
Cette évolution est particulièrement visible depuis la crise sanitaire, qui a accéléré les investissements publics en faveur des mobilités actives et modifié les habitudes de déplacement. Les comptages réalisés sur les aménagements cyclables montrent ainsi une hausse de fréquentation de 37 % entre 2019 et 2023.

Si les métropoles restent en tête, les territoires moins denses ne sont pas en reste. Les communautés d’agglomération et même certains espaces ruraux connaissent une progression significative de l’usage du vélo.
Du loisir au trajet domicile-travail
Le vélo conserve une place importante dans les activités de loisir, mais son usage quotidien progresse fortement.
Entre 2017 et 2022, la part des déplacements domicile-travail réalisés à vélo est passée de 2,2 % à 3,4 % à l’échelle nationale. Dans les métropoles et communautés urbaines, elle atteint désormais 6,1 %, soit une augmentation de plus de 50 % en cinq ans.
Cette évolution est loin d’être anecdotique. Elle traduit une diversification des usages : le vélo devient un moyen de transport crédible pour les trajets de nécessité, notamment lorsque les infrastructures sont adaptées et sécurisées.
Autre enseignement intéressant : un cycliste sur six combine le vélo avec un autre mode de transport, principalement les transports collectifs. Le vélo joue ainsi un rôle essentiel dans l’intermodalité et l’accès aux gares, tramways ou bus.
Une filière économique qui pèse lourd
Le développement du vélo ne profite pas seulement aux usagers.
L’économie du vélo représente désormais plus de 72 000 emplois équivalents temps plein en France. Elle couvre des activités très diverses : fabrication, vente, réparation, location, tourisme, aménagements cyclables, formation ou encore cyclologistique.
Même si la production de vélos a connu un ralentissement depuis 2022, le marché reste dynamique. Les ventes de vélos, pièces et accessoires ont généré plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024.

Le vélo à assistance électrique (VAE) joue un rôle moteur dans cette évolution. Il représente désormais près de 60 % de la valeur des ventes du secteur et contribue à élargir le public utilisateur, notamment pour les déplacements quotidiens et les trajets plus longs.
Un investissement utile pour les territoires
Les collectivités poursuivent leurs investissements.
Entre 2022 et 2025, le nombre de places de stationnement vélo a progressé de 44 %, tandis que le réseau d’aménagements cyclables a augmenté de 14 %, atteignant plus de 86 000 kilomètres.
Ces investissements répondent à plusieurs objectifs :
- faciliter les déplacements quotidiens ;
- réduire la dépendance à la voiture individuelle ;
- améliorer l’accès aux services et à l’emploi ;
- renforcer l’attractivité des territoires ;
- contribuer à la transition écologique.
Ils participent également à la mise en œuvre des objectifs de sobriété foncière. Selon l’étude, les infrastructures cyclables représentent une consommation d’espace très limitée par rapport aux infrastructures routières.
Santé, emploi, climat : des bénéfices collectifs
L’un des apports majeurs de l’étude est de quantifier les bénéfices indirects du vélo.
La pratique régulière contribue à l’amélioration de la santé physique et mentale. Les travaux cités par l’ADEME estiment qu’elle permet d’éviter chaque année près de 2 000 décès prématurés et plusieurs milliers de maladies chroniques.
Le vélo agit également comme un levier d’insertion professionnelle. Pour certains publics, notamment les jeunes et les personnes éloignées de l’emploi, il réduit les difficultés de mobilité qui constituent souvent un frein à l’embauche.
Sur le plan environnemental, l’augmentation de la part modale du vélo contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre, la pollution atmosphérique, le bruit et la congestion routière.
Un enjeu de service public et d’aménagement du territoire
Pour la CFDT, ces résultats confirment que les politiques cyclables ne relèvent pas seulement des loisirs ou de l’aménagement urbain.
Elles constituent un véritable enjeu de service public, de santé au travail, d’accès à l’emploi et d’égalité territoriale.
Le développement du vélo doit s’accompagner d’infrastructures sécurisées, d’offres de stationnement adaptées, d’une meilleure articulation avec les transports collectifs et d’un soutien aux dispositifs favorisant les déplacements domicile-travail.
Dans un contexte de transition écologique et de recherche de solutions de mobilité accessibles à tous, le vélo apparaît plus que jamais comme un investissement utile pour les citoyens, les collectivités et la société dans son ensemble.
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L’avis de l’UFETAM-CFDT
Les résultats de l’étude de l’ADEME posent une question simple : comment poursuivre la dynamique observée si l’État se désengage de son financement ?
La progression du vélo en France n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de plusieurs années d’investissements publics, de la mise en œuvre du Plan Vélo, du développement des aménagements cyclables, des aides à l’acquisition de vélos et de l’engagement des collectivités territoriales.
Or, après le gel des crédits du Fonds mobilités actives en 2024, le gouvernement a abandonné en 2025 le financement national du Plan Vélo qui devait mobiliser 2 milliards d’euros d’ici 2027. Ce choix a conduit au gel ou au report de nombreux projets d’aménagements cyclables et a transféré l’essentiel de l’effort financier vers des collectivités déjà confrontées à de fortes contraintes budgétaires.
Cette décision apparaît d’autant plus paradoxale que l’étude publiée aujourd’hui démontre précisément les bénéfices des politiques cyclables : augmentation des déplacements domicile-travail à vélo, amélioration de la santé publique, réduction de l’absentéisme, baisse des émissions de gaz à effet de serre, développement de l’emploi dans la filière et renforcement de l’attractivité des territoires.
Pour l’UFETAM-CFDT, les mobilités actives ne doivent pas être considérées comme une variable d’ajustement budgétaire. Elles constituent un investissement utile pour la transition écologique, la santé publique, le pouvoir d’achat des ménages et les conditions de déplacement des agents publics.
L’UFETAM-CFDT estime que l’État doit retrouver un rôle moteur dans le financement des infrastructures cyclables, aux côtés des collectivités territoriales, afin de garantir la continuité des politiques engagées et de permettre à chacun de choisir des modes de déplacement sûrs, accessibles et durables.
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Sources :
Etude ADEME « Impact socioéconomique des usages du vélo en France » (2026), Enquête nationale « Usage du vélo » (DGITM, résultats 2024), synthèse ADEME 2026, Localtis et Vie-publique.fr.
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Par UFETAM-CFDT
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