Moral des fonctionnaires : l’engagement tient bon, mais les alertes se multiplient
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Le dernier baromètre Ipsos-BVA réalisé pour la CASDEN dresse un constat contrasté. Si les agents publics restent profondément attachés à leurs missions, leur moral se dégrade à nouveau. Les difficultés salariales, le manque de reconnaissance et des conditions de travail toujours plus difficiles alimentent un malaise qui fragilise l’attractivité de la Fonction publique.
Un moral en baisse après le rebond de 2025
Le baromètre 2026 confirme une nouvelle dégradation du moral des fonctionnaires. Seuls 54 % des agents déclarent avoir un bon moral, contre 62 % l’an dernier, soit une baisse de huit points.
Cette dégradation touche l’ensemble de la Fonction publique mais elle est particulièrement marquée :
- dans la Fonction publique de l’État ;
- chez les agents de catégorie B ;
- chez les agents les plus âgés.
Pour autant, cette baisse du moral ne signifie pas un désengagement des personnels.

Des agents toujours très investis dans leurs missions
Malgré les difficultés, les résultats montrent un attachement très fort au service public.
Ainsi :
- 87 % des agents se sentent utiles à la société ;
- 84 % sont fiers de leur mission ;
- 69 % se déclarent épanouis dans leur travail ;
- 68 % restent motivés au quotidien.
Autrement dit, les fonctionnaires continuent de faire vivre le service public malgré un contexte de plus en plus difficile.
Les salaires restent le premier facteur de démotivation
Le principal enseignement du baromètre est sans surprise la question des rémunérations.
Près de deux fonctionnaires sur trois (63 %) estiment être mal rémunérés, tandis que 56 % déclarent avoir des difficultés à boucler leurs fins de mois.
Les agents de catégorie C demeurent les plus critiques sur leur rémunération, mais le mécontentement progresse également chez les agents territoriaux.
Le baromètre montre également que plus le moral est faible, plus le sentiment d’être mal payé est fort.
Cette perception nourrit directement le pessimisme sur l’avenir de la Fonction publique et son attractivité.
Des conditions de travail toujours sous tension
Les difficultés du quotidien restent très présentes.
Les agents déclarent notamment être confrontés :
- à un manque d’information sur les décisions de leur administration (77 %) ;
- à des procédures jugées trop lourdes (75 %) ;
- à une charge de travail excessive (75 %) ;
- à un matériel inadapté (65 %).
Autre résultat préoccupant : près d’un agent sur deux (49 %) déclare subir des incivilités ou des agressions verbales de la part des usagers, un phénomène particulièrement marqué dans l’Éducation nationale et la Fonction publique hospitalière.
Une reconnaissance qui ne suit toujours pas
L’enquête confirme un paradoxe déjà observé les années précédentes.
Les agents sont fiers de leur travail mais ils estiment que celui-ci est insuffisamment reconnu.
Seulement :
- 38 % se sentent reconnus par la société ;
- 36 % se sentent véritablement valorisés.
Les missions du service public sont également jugées insuffisamment comprises par les usagers (36 %) et insuffisamment valorisées auprès des citoyens (26 %).
Une Fonction publique toujours recommandée… malgré tout
Malgré ces difficultés, 63 % des agents encourageraient un proche à rejoindre la Fonction publique.
En revanche, lorsqu’ils expliquent pourquoi ils pourraient déconseiller ce choix, les trois principales raisons citées sont :
- la rémunération (64 %) ;
- le manque de reconnaissance (37 %) ;
- les inquiétudes sur l’avenir de la Fonction publique (29 %).
Dans le même temps, 55 % des agents estiment que les métiers de la Fonction publique sont aujourd’hui moins attractifs qu’auparavant.
Intelligence artificielle : des usages qui progressent plus vite que la formation
Le baromètre consacre également un chapitre à l’intelligence artificielle.
Près d’un agent sur deux (49 %) utilise désormais l’IA dans son activité professionnelle, contre 39 % un an plus tôt.
Mais cette progression s’accompagne d’un important déficit d’accompagnement :
- près des trois quarts des agents estiment ne pas être suffisamment formés ;
- beaucoup jugent également insuffisant l’accompagnement des usagers face à la dématérialisation.
Ce qu’il faut retenir
Ce baromètre confirme une réalité que les organisations syndicales, et notamment la CFDT, dénoncent depuis plusieurs mois.
Les agents publics restent profondément attachés à leurs missions et continuent d’assurer le fonctionnement des services publics avec professionnalisme.
En revanche, la dégradation du pouvoir d’achat, les difficultés de recrutement, la surcharge de travail et le manque de reconnaissance fragilisent durablement leur moral et l’attractivité de la Fonction publique.
Autant de signaux qui renforcent l’urgence d’apporter des réponses concrètes en matière de rémunérations, de conditions de travail et de reconnaissance des agents.
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Le baromètre 2026 en un coup d’œil🟢 87 % se sentent utiles à la société 🟢 84 % sont fiers de leur mission 🟠 54 % ont un bon moral (−8 points) 🔴 63 % estiment être mal rémunérés 🔴 56 % ont des difficultés à boucler leurs fins de mois 🔴 49 % subissent des incivilités ou agressions verbales 🟠 63 % recommanderaient malgré tout la Fonction publique à un proche 🔴 55 % jugent les métiers de la Fonction publique moins attractifs qu’auparavant |
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Par UFETAM-CFDT
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Pour aller plus loin :
Télécharger le Baromètre Casden
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