Rémunérations des agents publics : Il y a urgence !

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Plusieurs centaines de milliers d’agents publics seront rattrapés par la hausse de 2,41 % du SMIC au 1er juin 2026. Parallèlement, l’INSEE publie ses nouvelles données sur les rémunérations 2024 dans les trois versants de la fonction publique : des évolutions en hausse, mais encore très insuffisantes.

Plusieurs centaines de milliers d’agents publics seront rattrapés par la hausse de 2,41 % du SMIC au 1er juin 2026. Parallèlement, l’INSEE publie ses nouvelles données sur les rémunérations 2024 dans les trois versants de la fonction publique : des évolutions en hausse, mais encore très insuffisantes.

Le baromètre CFDT 2026 sur l’état du travail est sans appel : 82 % des agents publics placent en tête de leurs attentes une revalorisation salariale à la hauteur de leurs missions.

Pourtant, les dernières données de l’INSEE relatives à la rémunération 2024 dans les trois versants de la fonction publique font état d’une légère hausse en euros constants, insuffisante pour compenser les pertes accumulées ces dernières années. Cette progression intervient malgré l’attribution, au 1er janvier 2024, de 5 points d’indice supplémentaires pour l’ensemble des agents.

Dans le même temps, la hausse du SMIC de 2,41 % au 1er juin 2026 entraîne un rattrapage de centaines de milliers d’agents publics dont l’indice majoré est inférieur ou égal à 380. Les agents de catégorie C sont particulièrement touchés : 10 des 11 échelons du premier grade, les 8 premiers échelons du deuxième grade et les 3 premiers échelons du troisième grade se situent en dessous du SMIC. La catégorie B est également concernée, tandis que le premier échelon de la catégorie A ne dépasse le SMIC que de 78 € brut.

Face à cette situation, les agents concernés perçoivent une indemnité différentielle, qui ne constitue pas une véritable mesure salariale. Pour la CFDT Fonctions publiques, la revalorisation du SMIC doit se traduire par une augmentation durable via des points d’indice, et non par des dispositifs temporaires.

La CFDT Fonctions publiques souligne également l’urgence de revoir la structuration des grilles indiciaires afin de redonner de véritables perspectives de carrière aux agents. Une concertation avait été engagée par le ministre des Comptes publics en charge de la Fonction publique, avant d’être suspendue par l’administration. Cette interruption est incompréhensible au regard de la situation actuelle.

Il est désormais indispensable de rouvrir des négociations pour sortir de l’impasse que connaît la fonction publique. L’enjeu est double : restaurer le pouvoir de vivre des agents publics et renforcer l’attractivité des carrières dans la fonction publique. Sans avancées concrètes, le risque est grand de voir les agents quitter la fonction publique, faute de perspectives, et de ne plus parvenir à en recruter de nouveaux.

Depuis plusieurs semaines, la CFDT Fonctions publiques alerte les autorités sur l’urgence salariale, notamment par des courriers adressés aux ministres — le 3 avril au Premier ministre et le 19 mai au ministre des Comptes publics — ainsi que par le biais d’initiatives intersyndicales. À ce jour, aucune mesure structurante n’a toutefois été mise en œuvre pour compenser la perte de pouvoir de vivre des agents.

Il est urgent d’agir pour garantir des services publics de qualité au service de toutes et tous.

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Courrier CFDT au ministre de la Fonction publique

Pour mémoire :

Notre article du 18-05-26 : Augmentation du SMIC au 1er juin 2026 : quelles modifications pour les grilles salariales de la fonction publique ?

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