Réorganisation de l’administration centrale : refusons le fait accompli !

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Réorganisation de l’administration centrale :
webinaire superficiel, communication auto-satisfaite…

Non au passage en force ! Oui à une véritable association !

Bonjour à toutes et tous,

Après le webinaire de jeudi 9 septembre, le projet de réorganisation du CGDD, de la DGALN, de la DGPR et du SG, présenté par la ministre Mme Barbut le 22 juin, reste très opaque.

La veille, la majorité des syndicats a refusé de participer au « comité de suivi » informel car ces réunions ne sont pas des réunions de dialogue social mais une information très générale répétant les présentations laudatives des webinaires.
N
ous avons eu la patience d’assister aux deux rendez-vous informels qui nous été imposés, avec la ministre puis le secrétaire général ; sans réponses à nos alertes et questionnements, ça suffit !

Pourquoi avoir supprimé le
comité social d’administration centrale (CSA-AC) programmé le 3 juillet où objectifs et méthode auraient pu nous être présentés formellement, en toute logique en amont de la réforme ?

Pour la CFDT, le réformisme, c’est s’efforcer de parvenir à un compromis ; et non céder à la compromission.

Nous refusons de cautionner par notre participation le cynisme assumé de l’administration qui affiche une « co-construction », simple poudre aux yeux jetée pour masquer la misère d’un « chamboule-tout » déconnecté du réel et tombant d’en-haut.

Aucun document sérieux n’avait été envoyé en amont du « comité de suivi » permettant d’apprécier, dans la description très allusive des macro-organigrammes, les impacts réels sur la manière de travailler et l’efficacité de nos politiques publiques.

Et aucune « étude d’impact », aucun document autre que la présentation copiée-collée du webinaire, nous a été communiqué depuis pour préparer la réunion du CSA-AC finalement obtenu le 25 septembre grâce au boycott des trois syndicats.
Pourtant,
dans sa dernière communication qui se veut rassurante à tout prix, l’administration se permet de laisser penser que « l’étude d’impact RH est transmise »

Certes, la présidente s’est engagée à répondre – comme le SG aurait dû le faire le 2 juillet – aux alertes et questions qui avaient été posées dès le 22 juin, devant la ministre.

Aura-t-on réellement des réponses concernant la méthodologie d’association des agents et de leurs représentants ou par exemple les impacts hiérarchiques et fonctionnels des projets de macro-organigrammes ?
Si oui, y aura-t-il le temps de les exploiter ?
On peut en douter quand on voit l’accélération soudaine du calendrier.

Simuler l’association tout en mettant devant le fait accompli

Au détour d’une phrase, lors du dernier webinaire, le nouveau SG a annoncé que la présentation des textes pour avis serait avancée de quatre mois, à fin octobre 2026 !
C’est un passage en force, au mépris des propres engagements de l’administration du début d’été ! Et dire que fin février 2027 nous semblait alors bien précipité…

Pourquoi une telle précipitation et un manque d’association des agents et de leurs représentants en amont, si les vrais desseins sont nobles et bénéfiques aux agents ?
Peut-on faire confiance à une administration qui renie ses propres engagements à peine formulés ?

Et pourquoi organiser ainsi le télescopage de plein fouet avec la campagne des Élections professionnelles ?
La décence minimale habituelle – liée au devoir de réserve – est au contraire d’éviter de perturber l’exercice démocratique par tout projet de restructuration d’ampleur pouvant être polémique.

L’administration croit-elle ainsi encourager les agents à voter ?

Des garanties bien incertaines

Aura-t-on également des réponses pertinentes sur les garanties minimales apportées aux agents et ceci sur les bases déjà négociées en administration centrale et non selon la perception régressive accentuée de réorganisation en réorganisation ?

A l’heure où il est reconnu à demi-mot qu’un tiers des agents seraient fortement impactés quant à leurs missions, le fait de prendre en compte également le bouleversement des rattachements hiérarchiques est crucial – et pourtant ignoré. Et ne parlons pas des rattachements fonctionnels – tout le réseautage sera perturbé, et bien au delà de l’AC bien entendu.

Le 25 septembre, nous n’aurons non plus aucun bilan des réorganisations passées, comme demandé.
Quels bénéfices pour quelles pertes, de sens, de motivation, de confiance, de liens, de carrière et de rémunération ?
Ce n’est pourtant pas demander la lune que de savoir ce qui a été fait pour éviter de commettre les mêmes erreurs, ici démultipliées du fait de l’ampleur du projet.

Le SG a pourtant affirmé sans ciller au cours du webinaire que cette gestion précipitée nous mettrait en bonne posture pour accueillir le nouveau gouvernement au printemps 2027 (après la valse habituelle des périmètres ministériels…).

Nous qui avons toutes et tous vécu – souvent à notre corps défendant – de telles réorganisations précipitées, savons que c’est plusieurs années de perturbations ensuite dans la mise en œuvre.
On le vit toujours à la DGAMPA et à la DGITM, encore obligés aujourd’hui de raccommoder des organisations trop éloignées des réalités du fonctionnement – avec pourtant un réel bien que tardif effort d’association des agents et un périmètre concerné plus restreint.

Webinaire – une parodie d’association

En plus de la mascarade des comités de suivi, à nouveau, le deuxième webinaire a été surréaliste. Les organisateurs reconnaissaient que les macro-organigrammes présentés par les préfigurateurs étaient tout bonnement illisibles. Aucun document n’avait été envoyé en amont pour pallier cette difficulté.
Et l’on a proposé malgré tout aux agents d’échanger sur ces documents…
De qui se moque-t-on ?

Même si des agents ont pu découvrir en partie ces documents lors de la réunion CFDT organisée la veille, ou des versions provisoires ayant fuité dans la presse, ou parfois bénéficié d’un sous-directeur informé (il a néanmoins été reconnu en webinaire que tous n’avaient pas été bien associés – forcément, juillet-août, c’est pas l’idéal – vacances, budget et autres contraintes), il restait difficile de poser des questions précises.
De toute façon, à nouveau, le webinaire ne permettait pas de voir les questions posées par les agents sur le tchat (de nombreuses ont été censurées et n’apparaîtront jamais dans la FAQ, comme la première fois) et il fallait à nouveau se contenter de réponses pré-formatées à des questions réinterprétées.

Dans la communication du projet, on appelle ça de l’association ! Cherchez l’erreur…

Une question gênante – car très fréquente – ayant miraculeusement franchi le barrage (quelle articulation avec le projet immobilier Arche Séquoia ?), le SG a botté en touche – arrivé le 1er septembre, il n’avait pas pu s’informer de ce dossier.
L’administration reconnaît du bout des lèvres post-réunion que « La réorganisation de l’administration centrale interroge le projet initial défini dans le cadre d’Arche-Séquoia 2028. »
Mais sans en tirer les conséquences : l’ampleur de la réforme va forcément impacter la localisation des équipes, remettant en cause en cascade en Arche sud une bonne partie des « micro-zonings » déjà effectués.
Avec une multiplication des déménagements si le calendrier de mise en œuvre du projet n’est pas à nouveau desserré… Sans parler de la détérioration des conditions de travail, un non sujet jusqu’ici.

Les perspectives

Soyons optimistes.

Malgré tout, dans ce fatras précipité de réflexion à haut niveau, il ne fait pas de doute qu’on peut trouver de bonnes idées, qui potentiellement permettraient d’améliorer le fonctionnement, les conditions de travail et l’efficacité publique, si on les confrontait au travail réel pour s’en assurer.
Mais si on se précipite, combien de perturbations durables dues à des choix précipités et déconnectés des connaissances de terrain ?

Contrairement à l’idée magique « on serra en ordre de marche pour le nouveau gouvernement », il nous semble que ce travail, douloureux, n’aura pas été vain s’il permet au contraire de fournir des briques pour construire un projet de réorganisation pertinent à l’arrivée d’une nouvelle équipe et organisation gouvernementale.

Ce n’est pas en fin de parcours, pour imposer sa patte, qu’on plaque une réorganisation venue de nulle part.
C’est lorsque l’on a la possibilité d’inscrire son action dans la durée que l’on met en œuvre solidement une réorganisation d’une telle ampleur.

Mme Barbut,

Il est encore temps de suspendre le processus afin de laisser à la ou au ministre suivant des bases sur lesquelles s’appuyer.
Ne figez pas sur des fondations branlantes une réorganisation précipitée.
Laissez le temps pour mettre en œuvre un chantier à la hauteur des enjeux.
Les organisations syndicales seront à vos côtés pour préparer de meilleurs bases pour une réorganisation réussie.
Vos intentions étaient louables, mais cela va se transformer en désastre si on ne transforme pas cet ambitieux chantier aux actions fragmentées et peu cohérentes en des actions au plus près du terrain, avec et au service des agents, et pour l’efficacité de nos politiques publiques.

La CFDT est à votre disposition pour vous rencontrer et échanger plus avant.

La CFDT-AC

Bruno JOSNIN – Tour Séquoia 09.59 – 01 40 81 82 79
Yoan MARSANNE – Arche Sud 04N50 – 01 40 81 66 13

Pour mémoire :

Notre article du 22-06-29 : Rencontre avec Monique Barbut, ministre de la Transition Écologique (22-06-26)

Notre article du 28-06-29 : Réponse de la CFDT-AC au message de la ministre Monique Barbut aux agents de l’administration centrale (AC)

Notre article du 02-07-26 : Réorganisation de l’administration centrale – Prenez la parole !

Notre article du 03-07-26 : Réorganisation de l’administration centrale : Quel contenu, quelle méthode ? Quelles suites à envisager ?

Notre article du 03-09-27 : Réorganisation de l’administration centrale : Prenez la parole puisqu’on ne vous la donne pas !

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