Réorganisation de l’administration centrale : un calendrier raccourci, des inquiétudes renforcées
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La réorganisation de l’administration centrale des ministères de la Transition écologique et du Logement entre dans une nouvelle phase. Initialement envisagée pour le printemps 2027, sa mise en œuvre est désormais accélérée : les textes d’organisation devraient être publiés pour le 1er janvier 2027 et l’affectation des agents intervenir au cours du premier trimestre. Un calendrier qui suscite de fortes inquiétudes parmi les organisations syndicales, tant sur la méthode employée que sur les conséquences pour les agents.
La réforme engagée depuis juin prévoit une transformation importante de l’organisation actuelle : la DGALN, la DGPR et le CGDD laisser place à deux directions générales, une grande DG consacrée à l’environnement, une plus petite à l’habitat et à l’aménagement. Les fonctions statistiques actuellement rattachées au CGDD rejoindraient pour leur part le secrétariat général ainsi que certaines fonctions transversales.
Selon les informations rapportées par AEF Info dans une dépêche publiée le 10 septembre, l’administration a décidé d’accélérer sensiblement le calendrier. Les projets de décret et d’arrêté d’organisation doivent être prêts dès la fin septembre, avec un examen prévu en comité social d’administration centrale (CSA-AC) le 23 octobre, puis une publication des textes pour le 1er janvier 2027. L’objectif affiché par l’administration est notamment de réduire la période d’incertitude pour les personnels et de ne pas laisser le processus être retardé par les élections professionnelles de décembre.
Un calendrier jugé « complètement irréaliste » par la CFDT
Cette accélération ne rassure pas les organisations syndicales, bien au contraire.
La CFDT, la CGT et FO avaient déjà choisi de ne pas participer — ou de quitter — le deuxième comité de suivi de la réforme, contestant notamment le cadre de concertation retenu. Les organisations réclamaient la réunion d’un véritable comité social d’administration d’Administration Centrale (CSA-AC).
Pour Bruno Josnin, représentant de la CFDT, la tenue d’un CSA constitue certes une avancée puisqu’elle avait été demandée par les syndicats. Mais intervenir alors que les projets semblent déjà très largement finalisés pose la question de la marge réelle laissée au dialogue social. La CFDT estime surtout que demander aux représentants des personnels de rendre leur avis sur les textes dès la fin octobre est « complètement irréaliste ».
Au-delà du calendrier, la CFDT s’interroge sur les conséquences de cette transformation alors que les services sont déjà confrontés à de fortes contraintes. Elle souligne notamment que les préfigurateurs des nouvelles directions ont été fortement mobilisés pendant l’été, parallèlement à d’autres échéances importantes comme la préparation budgétaire.
Environ 1 500 agents directement concernés
La question centrale reste évidemment celle des personnels.
Selon les éléments cités par AEF Info, environ 1 500 fonctionnaires seraient concernés, soit près d’un tiers des effectifs de l’administration centrale. Les organisations syndicales pointent encore de nombreuses incertitudes concernant les futures missions, les parcours professionnels, les responsabilités exercées ou encore le devenir de certains postes.
Les modalités de prépositionnement des agents font également débat. Des interrogations demeurent notamment sur le traitement des situations particulières — agents prochainement retraités, agents en congé — et, plus généralement, sur les garanties offertes aux personnels lors du passage vers la nouvelle organisation.
Pour la CFDT, la question ne peut pas se limiter à dessiner de nouveaux organigrammes. Elle a demandé à l’administration un bilan des réorganisations précédentes, une étude d’impact détaillée mais aussi l’actualisation des documents obligatoires de risques professionnels car les conditions de travail sont déjà fortement dégradées dans les services concernés.
Des organigrammes qui interrogent aussi sur les missions
Les projets de macro-organigrammes restent susceptibles d’évoluer, mais plusieurs choix suscitent déjà des interrogations : éclatement de certaines fonctions transversales, disparition ou transformation de fonctions de coordination et répartition de certaines politiques publiques entre plusieurs directions.
L’organisation future de politiques comme l’adaptation au changement climatique, les risques ou la biodiversité fait notamment débat. Les représentants syndicaux cités par AEF s’interrogent sur la transformation de certaines structures — services ou sous-directions devenant des « missions » — et sur la visibilité donnée à certaines politiques publiques.
Le terme « biodiversité », par exemple, perdrait la visibilité dont il bénéficie actuellement avec la direction de l’eau et de la biodiversité. Le ministère indique pour sa part avoir retenu le terme plus large de « nature ». Derrière les mots, c’est le portage et la cohérence des politiques en matière de biodiversité qui se joue.
Autre évolution notable : contrairement à ce qui avait été envisagé dans une première version, la forêt ne figurerait finalement pas dans le périmètre de la future direction générale de l’environnement (DGENV). La politique forestière resterait administrativement rattachée au ministère chargé de l’Agriculture.
Quid de l’indépendance de la statistique publique ?
Le transfert au secrétariat général du service statistique actuellement intégré au CGDD soulève également des questions.
La CGT demande notamment quelles garanties seront apportées à son indépendance en matière de programmation, de méthodes et de publication des données.
Une réforme qui devrait s’inviter dans la mobilisation du 29 septembre
Cette réorganisation ne restera donc probablement pas cantonnée aux réunions techniques de l’administration centrale. La CFDT et la CGT ont indiqué vouloir profiter de la journée de mobilisation de la Fonction publique du 29 septembre pour mettre également en avant les enjeux liés à cette réforme.
Pour la CFDT, derrière les cases d’un organigramme se trouvent des agents, leurs missions, leurs conditions de travail et leurs parcours professionnels. L’accélération du calendrier ne peut donc se faire au détriment d’un véritable dialogue social ni des garanties dues aux personnels concernés.
Pour aller plus loin
À lire sur AEF Info
La dépêche d’Émilie Buono du 10 septembre 2026 : « Les syndicats dénoncent l’avancée « à marche forcée » de la réforme de la DGALN, dont le calendrier est accéléré ».
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Pour mémoire :
Notre article du 22-06-29 : Rencontre avec Monique Barbut, ministre de la Transition Écologique (22-06-26)
Notre article du 28-06-29 : Réponse de la CFDT-AC au message de la ministre Monique Barbut aux agents de l’administration centrale (AC)
Notre article du 02-07-26 : Réorganisation de l’administration centrale – Prenez la parole !
Notre article du 03-07-26 : Réorganisation de l’administration centrale : Quel contenu, quelle méthode ? Quelles suites à envisager ?
Notre article du 03-09-26 : Réorganisation de l’administration centrale : Prenez la parole puisqu’on ne vous la donne pas !
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