Un agent sur quatre envisage de quitter la Fonction publique : un signal d’alerte qui ne peut plus être ignoré …
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Fonction publique : un attachement solide… mais une envie de départ qui progresse dangereusement
Selon le baromètre du travail dans la fonction publique 2026 réalisé par la CFDT avec le cabinet Vérian (consultable ici : baromètre 2026 sur l’état du travail,), le constat est sans appel : environ un quart des agents publics envisagent aujourd’hui de quitter la fonction publique. Derrière ce chiffre – autour de 24 à 25 % selon les situations – se dessine une réalité préoccupante pour l’avenir des services publics. Loin d’être marginal, ce phénomène traverse l’ensemble des statuts, des catégories et des versants.
Fonctionnaires titulaires, contractuels en CDI ou en CDD : personne n’est épargné. Même les agents les plus engagés ou expérimentés expriment désormais des doutes sur leur avenir professionnel. Et ce mouvement n’est pas cantonné à un secteur particulier : il concerne autant les administrations de l’État que les collectivités territoriales ou l’hospitalière.
Des agents toujours engagés… mais de plus en plus usés
Ce qui frappe, c’est le contraste. Les agents publics restent profondément attachés à leurs missions et au sens du service public. Beaucoup continuent de se sentir utiles et investis dans leur travail. Mais cet engagement coexiste désormais avec une lassitude grandissante.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 44 % des agents se disent inquiets,
- 36 % expriment un sentiment de lassitude,
- 32 % rencontrent des difficultés dans l’exercice de leur métier.
Pour la CFDT, ce paradoxe traduit une forme de résignation. Comme l’a souligné Laure Revel, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, les agents restent attachés à leur métier, mais ils doutent fortement de toute amélioration à court terme.
Salaires, conditions de travail, reconnaissance : les causes bien identifiées
Les raisons qui poussent à envisager un départ ne surprennent pas… mais leur ampleur inquiète.
Parmi les principaux motifs évoqués :
- 53 % pointent des rémunérations jugées insuffisantes au regard des missions exercées,
- 44 % dénoncent des conditions de travail dégradées,
- 33 % évoquent un manque de reconnaissance,
- 22 % estiment ne plus être en capacité d’assurer un service public de qualité.
À cela s’ajoute un manque de moyens – humains, matériels et financiers – qui complique le quotidien professionnel et alimente le sentiment de ne plus pouvoir bien faire son travail.
Une crise d’attractivité aggravée par le manque de considération
Autre élément marquant : la perception négative dont souffrent les agents publics. Une large majorité estime que les discours politiques et médiatiques dévalorisent leur métier.
Ainsi :
- 70 % jugent ces discours dévalorisants,
- 68 % considèrent qu’ils portent atteinte aux valeurs du service public,
- 62 % estiment qu’ils nuisent directement à son attractivité.
Conséquence directe : près de 40 % des agents ne recommanderaient pas la fonction publique à un proche. Un indicateur particulièrement inquiétant dans un contexte de difficultés de recrutement déjà bien installées.
Un management et un dialogue social à repenser
Les conditions d’exercice ne se limitent pas aux moyens ou aux salaires. Le fonctionnement interne est également en cause. Près de 40 % des agents déclarent ne pas se sentir soutenus par leur hiérarchie, ni en capacité de s’exprimer librement en cas de difficulté ou de désaccord.
Pour la CFDT, cette situation traduit un problème plus profond : un mode de management encore trop vertical et une culture administrative qui peine à intégrer pleinement le dialogue social comme un levier d’efficacité.
Redonner du sens et des perspectives : une urgence sociale
Face à ce constat, la CFDT alerte depuis plusieurs années. Marylise Léon rappelle que les agents publics sont indispensables à la cohésion sociale et au fonctionnement quotidien du pays. Pourtant, ils subissent des réductions de moyens, des transformations rapides et un manque de reconnaissance persistant.
Si des avancées ont été obtenues ces dernières années, elles restent insuffisantes au regard des attentes. Pour la CFDT, il est urgent que l’État employeur prenne la mesure de la situation et s’engage concrètement.
Cela passe par :
- une revalorisation des rémunérations,
- une amélioration réelle des conditions de travail,
- une reconnaissance effective de l’engagement des agents,
- et un dialogue social renforcé.
Car au-delà des chiffres, c’est bien l’avenir du service public qui se joue. Et avec lui, la capacité à répondre aux besoins de la population.
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Par UFETAM-CFDT
Source : Baromètre CFDT 2026 sur l’état du travail dans la Fonction publique
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La vidéo de la conférence de presse :
Retour en images sur la conférence de presse dédiée aux fonctions publiques, avec Marylise Léon, Laure Revel (SG Cfdt Fonction Publique), Pauline, Lysiane et Anthony, agentes et agents des 3 fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière).
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Télécharger le Baromètre CFDT sur l’état du travail
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