Rendez-vous salarial  Acte 2 : aucun dénouement !

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Le groupe de travail tenu le 2 octobre, à la suite du rendez-vous salarial du 8 juillet, n’a sans surprise pas répondu aux attentes de la CFDT concernant des mesures de revalorisation générale et de refonte des grilles indiciaires. La CFDT a souhaité, au-delà de la déception, rester autour de la table pour comprendre dans le détail les mesures qui avaient été présentées en juillet. 

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Le ministre de l’Action et des Comptes publics, en charge de la Fonction publique, a invité toutes les organisations syndicales à un groupe de travail consacré aux suites du rendez-vous salarial du 8 juillet 2026. 

L’ensemble des annonces de juillet a été présenté de nouveau par le ministre, puis la DGAFP les a en partie explicités. Entre temps, à la suite d’une suspension de séance, la CFDT est restée assister à la présentation de la DGAFP pour comprendre les tenants et aboutissants de ces annonces et les conséquences pour les agents.  

Toutes les annonces faites sont prévues au plus tôt au 1er janvier 2027 et dépendent donc de l’adoption au budget 2027 ! Donc rien n’est acquis ni durable.

Quatre chantiers ont été présentés :  

Une « injection de points d’indice » pour les échelons inférieurs aux SMIC à partir du 1er janvier 2027. Cette mesure permettrait à 400 000 agents de passer au-delà du SMIC sur les 862 000 agents actuels. Le détail des nouvelles grilles n’a pas été présenté. Le coût du versement actuel de l’indemnité différentiel actuel n’a pas été transmis, ni celui de cette mesure. 

Pour la CFDT, cette mesure n’est pas satisfaisante, et très loin d’être suffisante. En effet, le 1er janvier 2027 connaitra certainement une réévaluation du SMIC. Par conséquent, les agents seront de nouveau rattrapés. Elle ne résout en rien le tassement des grilles, voire au contraire elle l’aggrave. Seule la refonte des grilles indiciaires permettra de donner aux agents des traitements indiciaires décents et de réelles perspectives de carrière 

Au premier trimestre 2027, dans la FPE, un dossier sur les modalités de promotion interne (passage de C en B et de B en A) fera l’objet du dialogue social.

Cette mesure ne concerne que les agents de la fonction publique d’État et repousse le dialogue social au début de l’année 2027.

Dynamisation des parcours des agents de catégorie A avec la transposition de la réforme des attachés de l’État aux deux autres versants pour mise en œuvre au 1er janvier, relèvement des taux pro/pro possible des corps A type.

Amélioration des règles de classement permettant de tenir compte de l’expérience professionnelle dans les carrières. Cette mesure sera présentée en détail dans le 1er trimestre 2027, pour une mise en œuvre au cours de l’année 2027.

Donc, il va falloir attendre pour voir concrètement quelques euros de plus sur la feuille de paye qui seront certainement rattrapés par le niveau du SMIC et ne compenseront pas l’inflation qui reprend son envol. 

Encore une fois les actes ne suivent pas la parole ! 

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D’après l’article initialement publié par L’UFFA-CFDT
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Déclaration liminaire CFDT :

Monsieur le Ministre,
Mesdames et messieurs

La question salariale dans la fonction publique est devenue une question majeure, voire alarmante. Pourtant, il semble que seuls les agents publics en mesurent pleinement la portée puisqu’ils en subissent quotidiennement les conséquences.

Pour cette réunion, déplacée au dernier moment alors qu’elle figurait à l’agenda social depuis le mois de juillet, la CFDT aurait presque pu reprendre mot pour mot sa déclaration du 8 juillet. Nous supposons que vos contraintes d’agenda en tant que d’abord ministre des Comptes publics expliquent ce report. Cependant, pendant ce temps, la fonction publique continue de s’enfoncer dans une crise profonde.

À force de considérer qu’elle coûte trop cher, on finit par oublier ce qu’elle apporte. Comme le dit l’adage : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. Pour la CFDT, ce ne sont pas les services publics qui ont la rage, mais bien les agents qui expriment aujourd’hui leur colère. Une colère née du sentiment de ne pas être écoutés, de ne pas être reconnus et de ne plus être considérés à la hauteur de leur engagement.

Comment feront-ils demain ? L’inflation sur un an repart à la hausse : 2,4 % en août, 3 % en septembre. Comment vivront les agents rémunérés au niveau du SMIC, maintenus à flot par l’indemnité différentielle ? Combien seront avalés par la prochaine augmentation du SMIC ?

Les explications fondées sur les seules contraintes budgétaires ne sont plus audibles. La rigueur comptable ne peut constituer à elle seule un projet pour la fonction publique ni garantir un service public de qualité pour l’ensemble des citoyens. Pendant ce temps, les conditions de travail se dégradent, les agressions verbales et physiques se multiplient et les agents s’épuisent.

Les difficultés ne concernent d’ailleurs pas uniquement les personnels. Les usagers eux-mêmes constatent la dégradation du service rendu et les inégalités croissantes dans l’accès aux droits. Dans l’Éducation nationale notamment, de nombreux élèves dénoncent un manque d’équité de traitement. La CFDT condamne toutes les formes de violence, d’où qu’elles viennent, mais elle constate aussi que de plus en plus de jeunes refusent d’être, eux aussi, les victimes collatérales des politiques d’économies.

Depuis notre dernière rencontre du 8 juillet, les annonces – ou les absences d’annonces – se sont multipliées.

Durant l’été, le décret pérennisant la rupture conventionnelle a été publié. Mais cette pérennisation s’est accompagnée d’une division par deux des indemnités versées aux agents. Si l’objectif était d’en décourager l’usage, il aurait fallu l’assumer clairement. Nous parlons ici d’environ 2 000 ruptures conventionnelles par an pour la FPE : des économies dérisoires au regard des enjeux, décidées sans concertation.

Le Premier ministre a également annoncé sa volonté de réduire de 10 % la rémunération des conseillers des cabinets ministériels. Est-ce réellement pertinent lorsque l’on connaît les difficultés rencontrées pour constituer le dernier gouvernement ? Est-ce cohérent au regard du niveau d’engagement exigé de ces personnels ? Et surtout, pour quelle économie réelle ?

Au cours de l’été encore, un fond d’urgence de 50 millions d’euros a été annoncé pour la rénovation des bâtiments scolaires avant de fondre au soleil pour n’être plus que de 10 millions d’€.

À quand une véritable stratégie de reconstruction et de renforcement de la fonction publique plutôt qu’une succession de réactions ponctuelles aux urgences ?

Enfin, le gouvernement présente comme une économie le gel du point d’indice. Pour la CFDT, cet argument relève davantage de l’affichage que de la réalité : on ne peut économiser ce que l’on ne prévoit pas de dépenser.

Alors oui, la CFDT est en colère.

Marre de réclamer, année après année, une refonte des grilles indiciaires.

Marre de demander la revalorisation du point d’indice.

Marre de revendiquer la réactivation de la GIPA.

Marre de voir les agents publics devenir les cibles d’un « fonctionnaire bashing » entretenu par des discours qui ne valorisent ni leur engagement ni l’utilité des services publics.

Aujourd’hui, la CFDT attend des réponses concrètes. Nous espérons entendre des annonces à la hauteur du découragement qui traverse l’ensemble de la fonction publique, même si l’expérience récente nous invite à la prudence.

Quoi qu’il en soit, la CFDT restera à cette table jusqu’au terme de la présentation des suites du rendez-vous salarial du 8 juillet. Parce que la CFDT fait toujours le choix du dialogue et de la négociation, jusqu’au bout. Mais dialoguer suppose d’être entendu, et négocier suppose que des marges de discussion existent réellement.

Paris, le 2 octobre 2026

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Déclaration liminaire de l’intersyndicale Fonction publique :

Rendez-vous salarial Fonction publique du 2 octobre 2026
Déclaration liminaire intersyndicale

Monsieur le Ministre,

Mesdames, Messieurs,

Nous nous retrouvons aujourd’hui, trois jours après une journée de grève et de manifestations qui a constitué une mobilisation d’ampleur dans les trois versants de la Fonction publique. À l’appel de nos huit organisations syndicales CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, les agentes et agents publics se sont mobilisés pour leurs salaires, leurs carrières, leurs conditions de travail, les effectifs et les moyens nécessaires à leurs missions de service public.Les taux de grévistes ont dépassé 40% dans plusieurs secteurs. Plus de 172 manifestations et rassemblements se sont tenus dans tout le pays, avec près de 300 000 agentes et agents mobilisés. Cette journée constitue un avertissement que le gouvernement ne peut ni minimiser ni ignorer. La colère et la détermination des agents publics doivent être entendues.

Cette mobilisation intervenait à la veille du dépôt du projet de loi de finances pour 2027. Le Gouvernement, mais également les parlementaires, ont entre leurs mains des choix qui engageront l’avenir de la Fonction publique, des services publics et des droits de la population.Le budget ne peut pas se construire sur le maintien du gel salarial, sur les coupes de crédits, sur le non-remplacement des départs, sur le recul des garanties statutaires ou sur une pression accrue exercée sur les personnels. Les crises climatiques, sanitaires, sociales et territoriales de ces dernières années ont démontré le caractère essentiel des missions assurées quotidiennement par les agentes et agents publics. Elles appellent des investissements, des emplois, des conditions de travail dignes et des rémunérations à la hauteur des qualifications et de l’engagement professionnel.Nous le disons avec gravité : les agentes et agents publics, fonctionnaires comme contractuel·les, ne doivent plus payer le prix fort dans les efforts budgétaires que vous imposez au pays.

Le précédent rendez-vous salarial du 8 juillet s’était achevé sur le départ collectif de nos huit organisations syndicales. Vous aviez alors choisi d’écarter toute mesure générale et immédiate, en invoquant la contrainte budgétaire et en mettant en avant des indicateurs censés démontrer que les agentes et agents publics seraient globalement bien rémunéré·es. Vous nous aviez proposé des mesures ciblées de classement, de promotion et de carrière, qui ne concernaient qu’un nombre limité d’agentes et d’agents, principalement dans la Fonction publique de l’État. Ces annonces ne répondaient ni à l’urgence salariale, ni au tassement des grilles, ni à la crise d’attractivité, ni à la situation des 862 000 agents dont le traitement indiciaire est rattrapé par le Smic.

Trois mois plus tard, nous vous le redisons : il ne saurait être question de nous opposer à nouveau le même discours. La solution ne peut être ni la poursuite du gel de la valeur du point d’indice, ni la multiplication de mesures techniques et catégorielles, ni la généralisation d’une politique de rémunération par primes.Hier, l’INSEE a publié le taux de l’inflation à 3%, alors qu’il était de 2,4% le mois dernier. La crise du pouvoir d’achat des agents publics s’aggrave.

Nous sommes venus aujourd’hui pour obtenir des réponses, non pour entendre de nouveaux constats, de nouveaux reports ou la promesse de discussions ultérieures sans traduction budgétaire.

Nos organisations réaffirment leurs revendications communes :

  • une revalorisation générale, immédiate et significative de la valeur du point d’indice et son indexation de la valeur du point sur l’inflation, dans le respect de son unicité entre les trois versants de la Fonction publique ;
  • une refonte des grilles indiciaires assurant de véritables déroulements de carrière, la sortie durable des débuts de carrière du niveau du Smic et la revalorisation des filières à prédominance féminine ;
  • le rétablissement de la GIPA ;
  • le maintien à 100% de la rémunération en congé de maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence ;
  • des mesures effectives pour l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes, avec les moyens et les garanties nécessaires à la mise en oeuvre de la directive européenne sur la transparence des rémunérations ;
  • des emplois, des crédits de fonctionnement et des investissements à la hauteur des missions des services publics ;
  • une amélioration des conditions de travail, la prévention des risques professionnels et la protection de la santé des personnels.

Les réponses que vous apporterez aujourd’hui seront appréciées à l’aune de la mobilisation du 29 septembre. Nos organisations syndicales ont su construire une mobilisation unitaire à huit. Elles continueront à agir ensemble pour que les revendications légitimes des agentes et agents publics soient entendues.Nous attendons des actes.

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Pour mémoire :
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