Transition écologique : des agents publics mobilisés mais de plus en plus empêchés d’agir

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L’association « Une Fonction publique pour la transition écologique » (FPTE) vient de publier les résultats de son enquête annuelle consacrée à la place de la transition écologique dans les administrations publiques. Si les agents restent fortement engagés sur ces enjeux, l’étude met en lumière une réalité préoccupante : le décalage persistant entre les ambitions affichées et les moyens effectivement mobilisés nourrit un sentiment croissant de lassitude et de découragement.

Une prise de conscience qui progresse…

Premier enseignement de l’enquête : la sensibilisation aux enjeux climatiques et environnementaux continue de progresser au sein des administrations. Plus de la moitié des répondants estiment que leur administration a pris conscience des enjeux de transition écologique, une proportion en hausse par rapport aux années précédentes.

La formation des agents connaît également une évolution positive. Parmi les répondants de catégories A et A+, 87 % déclarent avoir bénéficié d’une formation sur ces questions. Cette proportion atteint 67 % pour les catégories B et C, ce qui traduit néanmoins la persistance d’inégalités d’accès à la formation.

…mais qui peine à se traduire en actions concrètes

Malgré cette progression, le constat reste sévère. Plus de 72 % des répondants considèrent que les actions engagées par leur administration sont insuffisantes ou peu satisfaisantes. Plus inquiétant encore, seuls 36 % estiment que l’action de leur administration s’est améliorée en 2025, contre 46 % en moyenne sur la période 2022-2024.

Pour les agents, le problème n’est plus tant celui de la prise de conscience que celui du passage à l’action.

Des freins organisationnels et politiques avant tout

L’enquête montre que les obstacles identifiés ne relèvent pas principalement d’une opposition aux objectifs écologiques. Les agents pointent avant tout :

  • le manque de moyens humains ;
  • l’insuffisance des moyens financiers ;
  • le manque de temps disponible ;
  • des règles administratives inadaptées ;
  • des objectifs contradictoires ;
  • et surtout un déficit d’impulsion politique ou hiérarchique.

Pour la première fois depuis le lancement de l’enquête, le manque de motivation du gouvernement ou des élus apparaît comme la première cause expliquant l’insuffisance de l’action publique. Les répondants évoquent également l’instabilité des orientations politiques et budgétaires, qui complique la mise en œuvre de projets pourtant jugés nécessaires.

Les témoignages recueillis illustrent des situations bien connues des agents : difficultés à intégrer des critères environnementaux dans les marchés publics, arbitrages budgétaires défavorables, injonctions contradictoires entre accélération des projets et prise en compte des exigences écologiques, ou encore promotion simultanée de l’intelligence artificielle et de la sobriété numérique.

Les agents savent ce qu’il faudrait faire

L’étude met également en évidence que les solutions sont largement identifiées.

Pour agir efficacement, les répondants citent en priorité :

  1. une volonté politique clairement affirmée ;
  2. un soutien hiérarchique fort ;
  3. des moyens humains suffisants ;
  4. des moyens financiers adaptés ;
  5. un effort accru de formation.

Les domaines jugés prioritaires restent stables depuis quatre ans : adaptation au changement climatique, économies d’énergie et de ressources, formation des agents et préservation de la biodiversité.

Les exemples de réussites recensés par FPTE montrent d’ailleurs que lorsque les conditions sont réunies — pilotage clair, moyens dédiés, implication des équipes et cohérence des décisions — les résultats sont au rendez-vous, notamment dans les domaines des achats responsables, des budgets verts ou encore de la sobriété énergétique.

Une question qui touche désormais à la santé au travail

L’une des nouveautés de l’édition 2025 réside dans l’analyse des commentaires libres laissés par les participants.

De nombreux agents expriment un sentiment de découragement, voire d’impuissance face aux contradictions observées entre les discours et les décisions concrètes. Certains évoquent explicitement des situations d’éco-anxiété ou de mal-être professionnel liées à la difficulté de mettre en œuvre des politiques conformes à leurs convictions et aux enjeux identifiés.

Cette dimension mérite une attention particulière. Elle interroge non seulement l’efficacité de l’action publique en matière de transition écologique, mais aussi les conditions de travail des agents chargés de la mettre en œuvre.

Pour la CFDT : donner aux agents les moyens d’agir

Les résultats de cette enquête rappellent une évidence : les agents publics ne manquent ni d’engagement ni de compétences. Ce qui fait défaut, ce sont souvent les moyens, le temps, la cohérence des décisions et la stabilité des orientations.

Pour la CFDT, la transition écologique ne pourra réussir sans un véritable dialogue social, sans investissement dans les compétences, sans reconnaissance du travail des agents et sans une organisation du travail cohérente avec les objectifs affichés.

Les agents publics sont prêts à agir. Encore faut-il leur donner les moyens de le faire.

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Sources :

Enquête 2025 de l’association « Une Fonction publique pour la transition écologique (FPTE) »

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