Un relèvement de l’indice minimum… mais pas du salaire net
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David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a réuni les organisations syndicales de la Fonction publique le vendredi 2 octobre pour un nouveau rendez-vous salarial. Force ouvrière était absente.
Trois jours après une mobilisation qui a rassemblé plus de 300 000 agentes et agents, et au lendemain de la présentation d’un budget qui prévoit de nouveau le gel du point d’indice, le Gouvernement n’a apporté aucune réponse générale sur le pouvoir d’achat des agents publics.
Un relèvement de l’indice minimum… mais pas du salaire net
Principale annonce : le Gouvernement propose de relever, au 1er janvier 2027, l’indice minimum de traitement de l’indice majoré 366 à l’indice majoré 372. Environ 400 000 agents seraient concernés.
Présentée comme une mesure en faveur des plus bas salaires, cette hausse de 6 points ne se traduira pourtant par aucune augmentation immédiate de la rémunération nette pour les agents qui perçoivent aujourd’hui l’indemnité différentielle destinée à porter leur rémunération au niveau du Smic.
Le mécanisme est simple : ce qui sera gagné en traitement indiciaire sera, à due concurrence, perdu sur l’indemnité différentielle.
Autrement dit : la fiche de paie change de composition, mais le pouvoir d’achat, lui, ne bouge pas.
Il y a néanmoins une différence : contrairement à l’indemnité différentielle, le traitement indiciaire est notamment pris en compte pour le calcul de la pension des fonctionnaires. Mais pour le salaire perçu chaque mois, il n’y aura pas les 6 points de pouvoir d’achat supplémentaires que pourrait laisser penser l’annonce.
Et pendant ce temps, le point d’indice reste gelé
Sur la question centrale du pouvoir d’achat, la réponse reste donc la même : aucune mesure générale de revalorisation.
La dernière augmentation de la valeur du point d’indice remonte à juillet 2023 (+ 1,5 %). Depuis, les prix ont continué à progresser tandis que la valeur du point restait inchangée.
Les organisations syndicales rappellent que les agents publics ont perdu plus de 6 % de pouvoir d’achat depuis la dernière revalorisation du point d’indice et plus de 15 % en dix ans.
Et au prochain relèvement du Smic ?
Le problème de fond n’est donc pas réglé.
Lorsque le Smic sera de nouveau revalorisé, le minimum de traitement de la Fonction publique risque rapidement d’être à nouveau rattrapé. Les agents concernés pourraient alors retrouver… l’indemnité différentielle dont le Gouvernement annonce aujourd’hui vouloir les faire sortir.
Et, à mesure que le Smic progresse tandis que les grilles indiciaires stagnent, c’est l’ensemble du bas des grilles qui se tasse : la catégorie C bien sûr, mais progressivement aussi les premiers échelons de la catégorie B, voire de la catégorie A.
Au-delà des seuls bas salaires, c’est donc toute la question de la reconstruction des grilles, de la reconnaissance des qualifications, de l’ancienneté et du déroulement des carrières qui reste posée.
Six points d’indice pour déplacer une indemnité vers le traitement indiciaire ne constituent pas une politique salariale.
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Par UFETAM-CFDT
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