DDI : des effectifs en recul, des recrutements difficiles… Ce que révèle le rapport social unique (RSU)

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Le ministère de l’Intérieur vient de publier le rapport social unique (RSU) 2024 des directions départementales interministérielles (DDI). Effectifs, recrutements, conditions de travail, santé des agents, télétravail… Ce document de 165 pages dresse un état des lieux de ces services essentiels à l’action de l’État dans les territoires. Plusieurs chiffres méritent une attention particulière, notamment pour les agents des DDT et DDTM.

Des effectifs qui repartent à la baisse

Au 31 décembre 2024, les DDI comptaient 26 979 agents, soit un recul d’un peu plus de 500 agents par rapport à l’année précédente.

Cette diminution intervient après deux années de reprise des effectifs, qui avaient permis de retrouver environ 27 500 agents en 2023. Un rebond qui semble donc avoir été de courte durée.

Le ministère de la Transition écologique reste le premier contributeur aux effectifs des DDI, avec 10 892 agents, soit 40 % du total. Les DDT et DDTM représentent à elles seules 14 044 agents, tous ministères d’origine confondus.

Les femmes représentent plus de 60 % des effectifs en DDI (62 %), soit 16 617 agents. Elles sont majoritaires quel que soit le type de DDI. Leur part varie de 54 % en DDTM à 75 % en DDETS.

Autre caractéristique importante : le vieillissement des personnels. 53 % des agents des DDI ont 50 ans ou plus, dont 15 % ont déjà atteint ou dépassé 60 ans.

Cette pyramide des âges pose directement la question du renouvellement des générations, de la transmission des compétences et de la capacité des services à maintenir leurs missions dans les années à venir.

Des recrutements en net ralentissement

Le rapport fait apparaître 3 758 recrutements en 2024, contre 5 445 en 2023 et 4 885 en 2022.

Parmi ces recrutements, 1 872 concernent des fonctionnaires et 1 886 des agents contractuels. Ces derniers représentent donc encore légèrement plus de la moitié des arrivées, même si leur proportion diminue par rapport aux années précédentes.

Le recours aux contractuels demeure particulièrement important pour les emplois de catégorie C et pour répondre à des besoins temporaires.

Mais le chiffre le plus révélateur concerne peut-être les difficultés de recrutement.

En 2024, 348 offres d’emploi n’ont reçu aucune candidature, contre 232 en 2023 et 167 en 2022.

Les postes de catégories A et B sont particulièrement concernés. Les directions départementales de la protection des populations (DDPP) rencontrent les difficultés les plus importantes, avec 109 postes sans candidature.

Ces résultats interrogent sur l’attractivité des métiers, les rémunérations proposées, les perspectives de carrière et les conditions d’exercice des missions.

Car derrière un poste qui ne trouve pas preneur, il peut aussi y avoir des missions à répartir entre les agents déjà présents.

Santé et conditions de travail : des indicateurs à surveiller

Le RSU consacre une place importante à la santé et à la sécurité au travail.

En 2024, il recense notamment 309 agents victimes d’un accident du travail et 219 agents ayant connu un accident de trajet.

Le rapport examine également les violences physiques et verbales envers les personnels, les risques psychosociaux, les dispositifs de signalement et la médecine de prévention.

Sur ce dernier point, il fait état de 5 752 agents ayant bénéficié d’une visite médicale ou d’une surveillance médicale particulière au cours de l’année.

Ces données rappellent l’importance d’une véritable politique de prévention, qui ne saurait se limiter à la production de documents réglementaires.

Pour la CFDT, la prévention des risques professionnels, notamment psychosociaux, doit rester une priorité, avec des moyens suffisants et un suivi effectif des situations signalées.

Télétravail : une pratique désormais bien installée

Le télétravail occupe également une place importante dans l’organisation des DDI.

Le rapport recense 11 638 agents bénéficiant d’au moins une journée de télétravail hebdomadaire.

Sur les 3 878 demandes de télétravail formulées en 2024, 3 853 ont été acceptées et seulement 25 refusées, selon les données recueillies.

Le télétravail apparaît donc comme un mode d’organisation largement intégré au fonctionnement des services.

Mais l’organisation du travail ne se résume pas au télétravail.

Le RSU fait également apparaître près de 90 000 heures écrêtées en 2024, dans le périmètre couvert par l’enquête. Il s’agit d’heures effectuées au-delà des plafonds de récupération prévus pour les agents en horaires variables.

Ce volume mérite une attention particulière : il pose la question de la charge de travail réelle, de sa reconnaissance et des moyens disponibles pour accomplir les missions.

Dialogue social : des données utiles, mais qui doivent servir

Le rapport présente enfin les activités des comités sociaux d’administration (CSA), de leurs formations spécialisées en santé, sécurité et conditions de travail, ainsi que les moyens consacrés au dialogue social.

Ces informations constituent des outils utiles pour les représentants des personnels.

Encore faut-il qu’elles permettent d’identifier les difficultés, de débattre des réponses à apporter et surtout de déboucher sur des améliorations concrètes.

Un rapport social unique ne doit pas être seulement un exercice statistique annuel : il doit aussi contribuer à orienter les politiques de ressources humaines et de prévention.

Pour la CFDT, des chiffres préoccupants qui appellent des réponses concrètes

Pour la CFDT, ce rapport social unique met en évidence plusieurs fragilités de l’administration territoriale de l’État : baisse des effectifs, difficultés de recrutement, vieillissement des personnels et insuffisances persistantes en matière de santé au travail.

Premier sujet d’inquiétude : les moyens humains. La CFDT dénonce l’absence d’une gestion prévisionnelle des effectifs suffisamment cohérente pour anticiper les départs, préserver les compétences et assurer le renouvellement des personnels. Elle demande notamment un renforcement du recrutement de fonctionnaires sur les emplois permanents, sans remettre en cause son engagement constant aux côtés des agents contractuels, dont elle défend pleinement les droits et les conditions de travail.

Autre préoccupation majeure : la santé et la sécurité des agents. Le constat dressé par le RSU est préoccupant : de nombreux acteurs de la prévention exercent leurs missions à temps partiel, plusieurs DDI ne disposent pas d’un service de médecine de prévention et moins de deux DDI sur trois possèdent les documents obligatoires en matière de santé et de sécurité au travail.

Pour la CFDT, ces insuffisances ne sont pas acceptables. Elle a donc demandé au ministère de l’Intérieur quelles mesures concrètes il entendait prendre pour y remédier, notamment concernant la médecine de prévention et le respect des obligations réglementaires. Une question restée sans réponse de l’administration lors de la présentation du rapport aux organisations syndicales.

Enfin, la CFDT souligne que la qualité du dialogue social suppose de disposer de données fiables et complètes. Or, le rapport révèle que seulement 80 % des DDI ont répondu à l’enquête, un taux de participation insuffisant au regard du caractère obligatoire du rapport social unique.

Pour la CFDT, le RSU ne doit pas être un simple exercice statistique. Il doit permettre d’identifier les difficultés et surtout d’y apporter des réponses, avec des moyens humains adaptés aux missions, des recrutements à la hauteur des besoins et une véritable politique de prévention.

Car derrière les tableaux et les pourcentages, il y a des femmes et des hommes qui assurent chaque jour le service public dans les territoires. Et ce service public ne pourra être durablement garanti sans les personnels, les compétences et les moyens nécessaires à son fonctionnement.

 

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Par UFETAM-CFDT
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Source :

Ministère de l’Intérieur – Rapport social unique des directions départementales interministérielles 2024, publié en octobre 2026 (165 pages).

Précision méthodologique : les données relatives aux effectifs sont exhaustives. Les autres indicateurs proviennent principalement d’enquêtes auprès des secrétariats généraux communs départementaux (SGCD), avec des taux de couverture variables selon les sujets. Le taux de couverture global des DDI est de 84 %. Les résultats doivent donc être interprétés en tenant compte de cette limite.

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Pour aller plus loin :

Rapport Social Unique (RSU 2024) des DDI

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