L’intelligence artificielle (IA) est déjà entrée dans les administrations… souvent sans cadre

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L’intelligence artificielle n’est plus une perspective d’avenir pour les administrations publiques : elle est déjà utilisée au quotidien par de nombreux agents. Un rapport commun de l’IGF (Inspection Générale des Finances), de l’IGA (Inspection Générale de l’Administration) et de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) dresse un état des lieux inédit de cette évolution, en soulignant à la fois les opportunités offertes par l’IA et les précautions indispensables pour un déploiement maîtrisé.

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L’IA est déjà une réalité pour les agents

Le rapport des 3 inspections  commence par un constat étonnant : l’intelligence artificielle est déjà largement utilisée dans les administrations.

Les inspections évoquent un phénomène de « shadow IA », c’est-à-dire l’utilisation spontanée d’outils comme ChatGPT ou d’autres assistants sans véritable cadre défini par l’administration. Cette pratique pourrait concerner jusqu’à 40 % des agents publics, une estimation fondée sur une étude réalisée dans les collectivités territoriales.

Autrement dit, les agents n’ont pas attendu les instructions officielles pour découvrir ces outils.

Des usages souvent très simples

Contrairement à certaines idées reçues, les usages sont rarement spectaculaires.

L’IA sert surtout à :

  • résumer un document ;
  • rédiger un premier brouillon ;
  • rechercher rapidement une information ;
  • traduire un texte ;
  • produire un compte rendu de réunion ;
  • aider à traiter des documents volumineux.

Le rapport montre que ce sont précisément ces tâches répétitives qui représentent aujourd’hui le principal potentiel de gain de temps.

Non, l’IA ne va pas remplacer tous les agents

C’est probablement l’idée reçue que le rapport démonte le plus clairement.

Les inspections estiment que :

  • environ 20 % des emplois publics sont aujourd’hui exposés à l’IA ;
  • mais seulement 13 % sont considérés comme fortement exposés ;
  • près de la moitié des métiers restent très peu concernés parce qu’ils reposent avant tout sur le contact humain, l’expertise de terrain ou la relation avec les usagers.

En pratique, ce sont surtout les fonctions administratives, documentaires ou de support qui devraient évoluer le plus rapidement.

Des gains de temps… mais pas de miracle

Le rapport reste prudent.

Oui, des gains existent déjà :

  • des recherches documentaires deux fois plus rapides ;
  • plusieurs heures gagnées chaque semaine dans certains services ;
  • des réponses aux usagers plus rapides ;
  • davantage de temps consacré aux missions à valeur ajoutée.

Mais les inspections rappellent qu’il faut plusieurs mois d’apprentissage avant d’obtenir ces résultats et que les gains restent encore mal mesurés.

Pourquoi le gouvernement veut reprendre la main

Le véritable problème identifié n’est pas l’IA elle-même.

C’est son développement désordonné.

Chaque ministère expérimente ses propres outils, souvent sans coordination nationale. Les inspections recensent déjà plus de 140 projets différents au sein de l’État.

Le rapport recommande donc notamment :

  • de mettre à disposition des agents un assistant IA sécurisé ;
  • de mutualiser les outils entre administrations ;
  • de mieux former les agents ;
  • d’associer les représentants du personnel au déploiement de ces technologies.

Au total, le rapport comporte 13 propositions.

L’humain doit rester responsable

Les auteurs rappellent enfin un principe essentiel :

L’IA peut assister un agent, mais elle ne doit pas décider à sa place.

Les décisions administratives doivent rester sous contrôle humain, notamment lorsque sont en jeu les droits des usagers ou des données sensibles. Les exemples étrangers montrent que des systèmes mal conçus peuvent provoquer des erreurs massives et faire perdre la confiance des citoyens.

Ce qu’il faut retenir
  • L’IA est déjà utilisée par de nombreux agents publics.
  • Elle sert avant tout à faire gagner du temps sur des tâches répétitives.
  • Elle ne remplacera pas la majorité des métiers de la fonction publique.
  • Son déploiement devra être accompagné de règles, de formations et d’un dialogue social.
  • Pour les inspections générales, l’enjeu n’est plus de savoir si l’IA entrera dans les administrations, mais comment elle sera mise au service des agents, des usagers et du service public.

L’intelligence artificielle ne remplacera pas le service public. En revanche, elle transformera progressivement certains métiers, en particulier les tâches administratives et documentaires. Pour les inspections générales, la réussite de cette transformation passera par trois conditions : des outils sécurisés, des agents formés et un véritable dialogue social.

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Par UFETAM-CFDT

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Pour mémoire :

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